Les élections législatives d'avril 2010, dont les résultats provoquent des changements importants dans le paysage politique et la structure administrative de la Hongrie, constituent un moment clé pour le pays. Mené par Viktor Orban, le FiDeSz (centre droit) forme une coalition avec le Parti chrétien-démocrate du peuple (K.D.N.P.) et revient au pouvoir après huit années passées dans l'opposition, remportant une victoire écrasante à l'issue de ces élections générales. Entrées en lice sous le nom commun de FiDeSz, ces deux formations obtiennent plus des deux tiers des sièges du Parlement, constituant ainsi la plus large majorité au pouvoir de l'ère postcommuniste.
Le raz-de-marée électoral du FiDeSz face au Parti socialiste hongrois (MSzP) du Premier ministre en exercice, Gordon Bajnai, met fin à la bipolarisation qui caractérisait la vie politique nationale depuis 1998. Les socialistes voient le nombre de leurs partisans diminuer de plus de moitié par rapport aux élections générales de 2006, et sont relégués dans l'opposition avec deux nouveaux partis : le Jobbik (extrême droite) et les écologistes libéraux du L.M.P. (« Une autre politique est possible »). Le Forum démocratique hongrois (chrétien-démocrate) et l'Alliance des démocrates libres (SzDSz, sociaux-libéraux) – deux partis nés à la suite de la transition démocratique de 1989 – s'allient pour le scrutin mais ne parviennent pas à obtenir les 5 p. 100 de voix nécessaires pour être représentés au Parlement.
La victoire éclatante du FiDeSz est due en grande partie à la profonde désillusion de l'électorat vis-à-vis des socialistes : ceux-ci sont aux prises avec des affaires de corruption et ont perdu leur crédibilité en matière de gestion économique. Pendant la campagne, Viktor Orban – Premier ministre de 1998 à 2002 – promet de créer un million d'emplois nouveaux dans les dix années à venir et de redonner à la Hongrie son statut de puissance économique en Europe centrale.
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