Moine bouddhiste japonais, fondateur de la secte du Jōdo, Shisei-maru, qui prit en religion le nom de Hōnen, né à Inaokaminamurimura dans la province de Mimasaka, perdit son père à l'âge de huit ans et entra en religion chez son oncle Kangaku, qui dirigeait un temple. À quatorze ans, il fut envoyé au mont Hiei, où il étudia le Tendai. À dix-huit ans, il se rendit au Kurodani, toujours sur le mont Hiei, où Jigenbō Eiku lui enseigna le nembutsu. C'est là qu'il prit le nom de Hōnenbō Genkū. Jigenbō Eiku lui fit lire l'Ōjōyōshū de Genshin. À partir de cette époque, Hōnen se montra déterminé à approfondir ses connaissances sur la Terre pure et abandonna les idées du Tendai. Il avait été précédé dans cette voie par Ryōnin (1071-1132), fondateur de la secte du Yūzūnembutsu, laquelle, toutefois, ne s'était jamais beaucoup développée. D'ailleurs, Ryōnin était encore fortement marqué par des préoccupations étrangères au culte d'Amida.
Après six ans passés au Kurodani, où il s'enferma avec les sûtras, Hōnen séjourna longtemps à Kyōto et à Nara, où il étudia entre autres les doctrines des sectes Hossō, Sanron, Shingon, Ritsu, Kegon, avant de revenir au Kurodani. À quarante-deux ans, il lut le Sanzengi de Zendō (San-chan-yi de Chan-tao), ce qui acheva de le décider. Il s'installa au Yoshimizu (Fontaine de la joie) à Kyōto, y fonda la secte du Jōdo (Terre pure) et fut bientôt entouré de nombreux adeptes. Sa secte fut la première de celles qui furent appelées sectes Kamakura ou sectes purement japonaises. En 1186, à l'occasion d'un sermon qu'il avait fait au Shōrin-in à Ōhara, près de Kyōto, et qui lui avait amené de nombreux fidèles, une grande controverse s'éleva qui fut connue sous le nom de Dispute d'Ōhara. Il écrivit le Senjaku-hongan-nembutsu-shū, en 1198, à la demande de Fujiwara Kanezane. En 1207, après trois ans de manœuvres, les moines du Hiei-zan et du Kōfuku-ji, qui étaient fortement opposés aux novations de Hōnen, parvinrent à le faire exiler par l'empereur Go-Toba, à Tosa sur l'île de Shikoku. Pardonné au bout d'un an, Hōnen séjourna dans la province de Settsu avant de pouvoir revenir en 1211 au Yoshimizu. Il mourut en laissant comme testament à sa secte l'Ichi mai kishōmon (Serment en une feuille).
Le but de Hōnen n'était pas de rechercher la vérité et les doctrines originelles du bouddhisme, mais d'ouvrir une voie adaptée à son temps et aux hommes qu'il côtoyait. Son attitude, appelée senjaku, consistait à retenir le meilleur et à laisser le moins bon ; au nom de ce principe, il abandonna toutes les positions bouddhistes précédentes pour se livrer exclusivement au nembutsu. L'hostilité qu'il suscita provoqua de nombreux écrits, tel le Zaijarin de Kōben, paru après sa mort. Il eut aussi Nichiren parmi ses adversaires acharnés.
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