Porfirio Lobo, membre du Parti national (conservateur), prend ses fonctions de président du Honduras le 27 janvier 2010, alors que la crise constitutionnelle qui a secoué le pays en 2009 n'est pas entièrement terminée. En effet, le sort de l'ancien président destitué Manuel Zelaya n'est toujours pas fixé, le nouveau gouvernement n'est pas encore reconnu par l'ensemble de la communauté internationale et la question d'une éventuelle réconciliation nationale reste en suspens.
Rares sont les dirigeants étrangers qui assistent à l'investiture du président Lobo, mais plusieurs pays, parmi lesquels les États-Unis, le Costa Rica et le Panamá, reconnaissent officiellement son administration. La république Dominicaine annonce qu'elle accordera l'asile à Manuel Zelaya et le président Lobo lui garantit qu'il pourra quitter le territoire après la cérémonie d'investiture. En janvier, le Congrès vote une loi d'amnistie pour tous les acteurs de la crise de 2009 ; Manuel Zelaya reste toutefois sous le coup d'une procédure pénale. Le président Lobo forme le premier gouvernement d'union nationale du pays, avec des membres des cinq principaux partis politiques. En mai, une commission Vérité et Réconciliation est créée, en réponse à une demande de la communauté internationale formulée à la suite du coup d'État ; le Front national de résistance populaire, partisan de Manuel Zelaya, reproche toutefois au gouvernement de ne manifester qu'un intérêt de pure forme face aux exigences étrangères. Au milieu de l'année, environ la moitié des pays d'Amérique latine ont rétabli leurs relations avec le Honduras, tandis que les principaux bailleurs de fonds tels que les États-Unis et l'Union européenne, ainsi que les institutions financières internationales, apportent à nouveau une aide économique. D'autres États, comme le Brésil, exigent davantage de progrès avant de normaliser leurs relations diplomatiques.
L'économie hondurienne est fortement ébranlée à la fois par la crise mondiale, le coup d'État et les sanctions internationales qui en ont résulté. Les syndicats appellent à la grève et réclament des augmentations de salaire qui s'avèrent difficiles à obtenir en raison de l'important déficit budgétaire. Afin de développer des investissements concernant l'État et des entreprises privées, le Congrès adopte une loi destinée à promouvoir les associations public-privé.
Michelle M. TAYLOR-ROBINSON
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