10. Batailles pour une reconnaissance juridique
Cette banalisation du fait homosexuel s'est trouvée d'abord perturbée, et finalement confirmée, par le débat sur un nouveau projet de loi qui visait à donner un statut aux couples non mariés, hétérosexuels ou homosexuels : le Pacs (pace civil de solidarité). Affrontement politique majeur – 120 heures de débats au Parlement en témoignent en 1998-1999 –, la proposition de loi divisa initialement les partis politiques, comme les experts, mais finit par convaincre les Français (70 p. 100 y étaient finalement favorables en 2000). Ce fut en fin de compte une victoire du volontarisme en politique. Et du coup, la tolérance pour l'homosexualité s'est accrue au point de devenir « une manière acceptable de vivre sa sexualité » pour une majorité de Français (et pour plus de 85 p. 100 des jeunes de moins de vingt-quatre ans).
Cette confirmation de la « révolution homosexuelle » que nous offrent les sondages est d'autant plus significative qu'ils suivent tout au long des trente dernières années une courbe en progression constante quant à la tolérance des Français à l'égard des homosexuels. Quatre chiffres, à eux seuls, résument ce mouvement d'ensemble. À une question de la Sofres posée régulièrement depuis presque trente ans : l'homosexualité est-elle « une manière acceptable de vivre sa sexualité ? », 24 p. 100 des personnes interrogées répondaient par l'affirmative en 1973, 29 p. 100 en 1981, 41 p. 100 en 1984, 55 p. 100 en 2000.
Cette évolution qui concerne à la fois les conceptions théoriques de l'homosexualité, sa visibilité, son intégration dans le droit et dans les mœurs, son développement culturel et sociétal est en elle-même une évolution totale : une révolution. Entre Stonewall et l'activisme gay contre le sida à travers le monde, entre les premiers textes de Guy Hocquenghem et le vote du Pacs en France, il y a plus qu'un basculement : le monde qui nous entoure a changé.
La formule de reconnaissance juridique ouverte en France par […]
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