6. Rapport des pucerons et cochenilles avec les autres insectes
Les pucerons rejettent le « miellat », excrément sirupeux et sucré dont les fourmis sont très friandes. Ces dernières savent d'ailleurs provoquer le rejet réflexe de ce miellat par attouchement du puceron à l'aide de leurs antennes. Aussi les colonies de pucerons sont-elles souvent visitées par les fourmis. Mais certaines espèces de Formicides comme les Lasius se livrent à une véritable exploitation des pucerons : Stomaphis quercus, qui vit sur les troncs de chêne, est toujours accompagné de Lasius niger, qui établit sa fourmilière au pied de l'arbre et exploite le puceron, allant même jusqu'à recouvrir les anfractuosités des écorces d'une maçonnerie de terre qui constitue de longues galeries couvertes où le puceron, ainsi protégé, se laisse docilement « traire ».
En raison des dégâts que provoquent les pucerons et les cochenilles, l'homme s'est surtout intéressé à leurs ennemis naturels qui limitent naturellement leur pullulation. Les prédateurs les plus efficaces sont les coccinelles et les larves de Syrphides (Diptères). La coccinelle australienne, Novius cardinalis, a même été importée volontairement dans les divers pays où s'était installé Icerya purchasi, pour lutter contre elle. Tout aussi efficaces sont les Hyménoptères endoparasites (Braconides Aphidiidae, Chalcidiens, etc.) dont les larves vivent à l'intérieur des pucerons et les détruisent. Aussi P. Marchal a-t-il acclimaté en France le Braconide Aphelinus mali pour lutter contre le puceron lanigère du pommier, importé d'Amérique. Malheureusement, l'action bienfaisante de ces parasites est entravée par la présence d'hyperparasites qui les détruisent eux-mêmes. Il se crée ainsi de véritables « complexes parasitaires » comme celui du puceron du chou (Brevicoryne brassicae). Aussi « tantôt les invasions de pucerons sont limitées par leurs prédateurs et parasites, l'action des hyperparasites se faisant très faiblement sentir, tantôt la pullulation des Aphides prend des proportions catastrophiques, leurs ennemis, nos auxiliaires, étant en nombre insuffisant. Il y a donc, en un lieu donné, entre les trois forces naturelles antagonistes envisagées (pucerons, parasites, hyperparasites) un balancement perpétuel dont chaque période de l'année n'est qu'une phase particulière » (L. Gaumont, 1929).
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