5. Les cochenilles ou Coccidés
Les cochenilles, que l'on considère parfois comme les plus évolués des Homoptères, montrent une adaptation à la vie fixée ; elles vivent à demeure sur le végétal et leur vie sédentaire est encore plus rigoureuse que chez les Aphides ; elle va de pair avec un aptérisme général et permanent des femelles, les mâles seuls étant ailés. Si les formes les plus primitives (Pseudococcus, Orthezia, Icerya) conservent une morphologie normale et une certaine activité de déplacement, les espèces les plus évoluées (famille des Lecanines et des Diaspines) montrent une série de régressions morphologiques telles que la perte des antennes, des yeux et des pattes, qui en font des parasites étrangement dégradés qui, cessant très jeunes de s'alimenter, sont uniquement voués à la reproduction. Certaines espèces montrent des particularités biologiques intéressantes telles que la parthénogenèse télytoque de certaines Diaspines ou arrhénotoque d'Icerya purchasi.
Quelques espèces de cochenilles, qui ont depuis longtemps perdu leur intérêt, ont été utilisées par l'homme : cochenilles à laque des Indes (famille des Lacciferines), Dactylopius cacti du Mexique produisant le carmin de cochenille qui est l'un des plus beaux colorants naturels, Trabutina mannipara de l'Asie Mineure dont le miellat abondant constituait la « manne ». Mais la majorité des espèces de Coccides sont nuisibles aux végétaux et certaines d'entre elles sont même de dangereux ennemis des plantes cultivées. Citons entre autres : Icerya purchasi, originaire d'Australie, nuisible aux orangers, et Quadraspidiotus perniciosus, ou pou de San José, qui, de Chine, s'est répandu aux États-Unis avant de passer en Afrique et même en France, où il cause de grands dégâts sur les pêchers et les cultures fruitières.
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