4. Les pucerons ou Aphides
Représentés par près de 4 000 espèces, les pucerons sont des insectes de petite taille (inférieure à 4 mm) dont les adultes sont aptères ou ailés. Ils sont surtout connus pour être de redoutables ravageurs, détruisant des cultures d'intérêt économique (fruits, céréales, légumes). Les pucerons constituent le groupe le plus intéressant de tous les Homoptères en raison de leur cycle évolutif, un des exemples les plus typiques de parthénogenèse cyclique.
Ce cycle comprend l'alternance de plusieurs générations parthénogénétiques (descendance sans accouplement) et d'une seule génération sexuée. L'hivernation se fait le plus souvent sous forme « d'œufs d'hiver » (sauf chez les Chermes, où elle se fait sous forme de larve primaire) ; déposés à la base des bourgeons ou dans les fentes des écorces, ils donnent au printemps des femelles appelées « fondatrices » qui, par parthénogenèse, donnent naissance à d'autres femelles également parthénogénétiques, dites « virginipares », aptères ou ailées selon les espèces. Jusqu'à douze générations de ces femelles peuvent se succéder pendant l'été, continuant la phase de parthénogenèse télytoque. En automne apparaît une génération nouvelle (aptère ou ailée), les « sexupares », qui engendrent, toujours par parthénogenèse, les « sexués » mâles et femelles. Ces dernières ont une fécondité extrêmement réduite (3 à 10 œufs au maximum, un seul chez les Chermes), au contraire des générations parthénogénétiques qui sont très prolifiques. Dans le cas le plus simple, la totalité du cycle s'effectue sur le même végétal (ex. : le puceron cendré du chou) : il s'agit d'espèces non migrantes dites « monœciques ». Mais, le plus souvent, le cycle exige pour son accomplissement la présence de deux hôtes végétaux (hôte primaire et hôte secondaire), et ces espèces sont dites « diœciques ». Dans ce cas, le polymorphisme des générations parthénogénétiques se complique encore. C'est ainsi que la migration de l'hôte primaire vers l'hôte secondaire est assurée par une génération de virginipares ailés dénommés « émigrants ai […]
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