Parce qu'ils se distinguent des Australopithèques ayant vécu aux mêmes périodes, il y a 2,5 à 1,8 millions d'années, certains Hominidés à morphologie plus humaine et découverts uniquement en Afrique à ce jour, ont été rangés dans le genre Homo, auquel nous – Homo sapiens sapiens – appartenons également. L'apparition de ces premiers hommes correspond à un changement climatique majeur. L'étude des flores et des faunes fossiles montre qu'à cette époque, l'environnement s'assèche et l'alternance des saisons se fait plus prononcée. Le paysage boisé devient plus ouvert, la savane se développe (la lignée des Hominidés est probablement apparue à la suite d'une tendance comparable, 3 à 6 millions d'années plus tôt). La distinction avec les Australopithèques n'est cependant pas toujours très facile à établir et la question de la diversité biologique de ces premiers hommes se pose encore avec insistance ; les plus anciens sont datés de plus de deux millions d'années. La plupart d'entre eux ont été découverts dans la région située à l'est du lac Turkana (site de Koobi Fora, Kenya) et en Tanzanie (site d'Olduvai). D'autres fossiles, moins nombreux, proviennent d'Éthiopie (site de Hadar et vallée de l'Omo), du Malawi (site d'Uraha) et d'Afrique du Sud (sites de Swartkrans, de Kromdraai et de Drimolen).
L'apparition du genre Homo a été associée généralement à la réduction de la fonction masticatrice, au développement d'une certaine « culture » indissociable de l'outil de pierre, et à l'accroissement du volume cérébral. À cet égard, l'examen minutieux de l'endocrâne de ces fossiles apporte des informations essentielles sur la morphologie de leur cortex, dont les empreintes des circonvolutions sont parfois visibles sur l'os. Il semble en effet que ces Hominidés fossiles, à la fois plus et mieux cérébrés que les Australopithèques, montrent les bases corticales du langage par la présence des aires de Broca et de Wernicke.
1. Un débat persistant
Deux écoles s'affrontent quant à l'interprétation de l'importante variabi […]
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