4. Homéostasie des populations
L'individu étant une abstraction, son existence n'a de sens que si on le place en rapport avec les autres humains existants (l'ensemble humain étant considéré dans sa réalité écologique et dans son histoire biologique).
Comme la plupart des espèces, l'être humain, à durée de vie limitée, n'est qu'un maillon d'une chaîne qui s'allonge déjà sur des dizaines de millions d'années. Les phénomènes de reproduction sexualisée ont permis, par le jeu des mécanismes de l'hérédité, à la fois stabilité des caractères et apparition des variations évolutives ; l'homéostasie des populations d'individus aboutit à la stabilisation d'un « type moyen », sans exclure la possibilité de variations ; les mécanismes de ces variations évolutives restant actuellement très mal connus.
Par ailleurs, si dans la plupart des espèces apparaît l'importance des schémas soutenus par l'organisation des neurones (comportements stéréotypés codés une fois pour toutes chez les insectes par exemple), chez l'homme, les conditions particulières liées à l'apparition du langage ont permis une adaptation beaucoup plus fine et plus imprévue. Le langage oral, puis écrit, en permettant la mémorisation et la transmission d'une information codée, multiplie d'une manière exceptionnelle les solutions des problèmes que pose l'homéostasie dans les conditions écologiques réelles. Ainsi l'institution et l'évolution des traditions technico-scientifiques et culturelles (le vêtement, la chasse, l'agriculture, etc.) représentent à l'heure actuelle des éléments essentiels de la régulation homéostasique du civilisé.
On connaît l'intérêt qui s'attache à la notion de modèle dans la perspective cybernétique. La plupart des modèles spéculent sur une boucle du type décrit plus haut. Bien entendu, lorsqu'on a créé un modèle, on peut lui appliquer les ressources des techniques informatiques (calculateur analogique) et mathématiques en général (théorie des signaux, par exemple), que les ingénieurs ont développées depuis le début du siècle. Mais il n'est pas si facile de délimiter, sans grossières abstractions, les limites d'un modèle encore manipulable et néanmoins proche de la réalité biologique toujours infiniment complexe.
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