3. Œuvre monumentale, inégale et géniale
Hokusai fut un peintre de talent, mais c'est la xylographie qui le rendit célèbre. Il est, avec Hishikawa Moronobu (mort vers 1695), l'illustrateur le plus prolifique de l'histoire du livre japonais, avec une production de près de 13 500 planches. Il débuta comme tant d'autres par des dessins pour kibyoshi (livre jaune), littérature populaire et bon marché. Il déploya une activité débordante dans l'illustration de romans et de kyōka (poèmes humoristiques) pendant les premières années du xixe siècle. L'un de ses plus beaux livres est Coup d'œil sur les deux rives de la rivière Sumida (Ehon Sumidagawa ichiran). Mais la fameuse Hokusai Manga reste l'une de ses œuvres maîtresses. Commencée en 1814, cette encyclopédie du dessin compte quinze volumes dont les deux derniers sont posthumes, En 1834-1835, alors que le succès de Hiroshige marque le déclin de la popularité de Hokusai, paraissent encore les Cent Vues du mont Fuji (Fugaku hyakkei), dont chaque feuillet est un chef-d'œuvre du dessin, de la composition, de la gravure et de la finesse d'impression. Jamais plus il ne créera d'œuvre aussi grandiose.
Hokusai est plus connu encore par ses estampes. Élève de Shunshō, il dessine de remarquables estampes d'acteurs et de lutteurs dans le style de son maître, et quelques portraits féminins à la manière de Kiyonaga et d'Utamaro. Dès 1798, il entreprend la réalisation de séries d'estampes de paysage pur de style occidental, sans pareilles au Japon. Il y applique les lois de la perspective européenne, introduit le clair-obscur, traite les cieux à la manière hollandaise. Cette production prend subitement fin vers 1804. Les estampes qui le rendirent célèbre furent dessinées après 1820. Ce sont les fameuses séries sur les Ponts (Shokoku meikyō kiran), les Cascades (Shokoku takimeguri), Images d'oiseaux et de fleurs d'esprit chinois, et surtout les Trente-Six Vues du mont Fuji (Fugaku sanjūrokkei) ; renouant avec la tradition fantastique, il imagine les Cent Contes (Hyaku monogatari). Ma […]
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 2 pages…



