2. Historicisme et philosophie de l'existence
Même si l'historicisme, sous la forme du relativisme historique, continue à inquiéter les penseurs, on constate néanmoins un changement de perspective qui se manifeste aussi bien dans les sciences humaines que dans la conscience culturelle plus générale. Puisqu'il est devenu impossible de nier le changement historique, Martin Heidegger fait de « l'historicité » une structure constitutive de l'existence humaine. Ce n'est pas seulement le storicismo de Benedotto Croce et de P. Piovani, mais la philosophie de l'historicité, qui apparaît comme une forme d'historicisme, qui conserve une valeur permanente. Les critères de valeur supra-historiques étant abstraits et difficiles à fonder, on allègue volontiers de nos jours les règles et normes d'agir concrètes que véhiculent les traditions historiques. L'accélération accrue des changements qu'entraîne la civilisation moderne rend le monde plus étranger à l'homme. Le repli sur le passé apparaît alors comme la conséquence inévitable de cette évolution. Face à cette uniformisation du monde, on met en évidence les divergences des cultures. Face au processus de rationalisation de la société, perçu comme unilatéralité, voire comme aberration, on souligne la contingence des événements, situations et configurations historiques. En ce sens, le poststructuralisme contient des tendances historicistes, qui ont influencé également le New Historicism de la critique littéraire américaine. Toutes les variantes de l'historicisme semblent ainsi être étroitement liées à la civilisation moderne. Si on continue aujourd'hui encore à brandir ce terme comme une arme critique, on ne saurait oublier que, face aux changements historiques, presque aucune philosophie ou science humaine n'échappe aujourd'hui au reproche, soit de procéder de manière anhistorique, soit de succomber à l'historicisme.
[…]… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 2 pages…



