2. Une approche historique
Les crises financières sont un élément très important de la réflexion économique du xxe siècle. Le mérite de Kindleberger est d'avoir su rappeler l'importance du prêteur en dernier ressort dans la prévention et la gestion des crises financières. On sait aujourd'hui avec quelle efficacité la réserve fédérale américaine (le Federal Reserve System) a joué ce rôle lors de la crise de 1987.
Plus qu'une analyse des crises financières, ce livre se révèle être un plaidoyer pour une approche historique de l'économie : « La littérature économique a été en grande partie consacrée, depuis quarante ans, à une remise en question des anciennes méthodes d'analyse qui restent, selon moi, toujours pertinentes. » L'histoire économique comparée permet de comprendre les mécanismes économiques et de montrer que les crises financières sont « une structure récurrente de l'économie capitaliste ». Bien que chaque crise financière soit un événement historique unique, Kindleberger montre qu'il n'y a pas lieu de dissocier histoire et économie, même si « l'histoire traite du particulier et l'économie du général ». Il ne s'agit pas de défendre une théorie mais de laisser parler l'histoire pour en tirer des enseignements. Cette analyse ne vise pas simplement une description ; elle propose implicitement des moyens de gestion des crises : « L'objet de ce livre n'est pas de faire peur pour convaincre de la nécessité d'un nouvel ordre économique mondial. Mais si seulement il y contribuait, j'en serais très heureux. » Avec une mondialisation de plus en plus marquée et l'absence d'institution financière internationale jouant le rôle de prêteur en dernier ressort, l'ouvrage de Kindleberger conserve toute son actualité.
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