3. Un délai de réserve ?
Le premier de ces problèmes réside dans la difficulté, voire l'impossibilité, d'accéder à des archives publiques très récentes. En effet, la loi du 3 janvier 1979, qui s'aligne sur des normes internationales en vigueur dans la plupart des pays démocratiques, n'autorise en principe la communication de documents publics qu'à compter d'un délai de trente ans, délai qui, en réalité, est souvent porté à soixante, voire à quatre-vingt-dix ou cent vingt ans s'il s'agit de documents « sensibles », intéressant la sécurité de l'État ou la vie privée des individus (informations d'ordre médical ou patrimonial, par exemple). Cette question a été l'objet de farouches discussions, notamment sur l'accès aux archives de la période de l'Occupation, beaucoup plus aisé aujourd'hui qu'on ne le dit, ou encore à celles de la guerre d'Algérie, encore soumises à de nombreuses restrictions.
La réponse à cette première objection technique opposée à l'histoire du temps présent tient à la nature même des informations produites au cours du xxe siècle et des traces qu'elles ont laissées. Les historiens travaillant sur cette période sont autant confrontés à l'abondance des sources et des traces disponibles (témoignage oral, presse, sources audiovisuelles, sources informatiques, etc.) qu'aux lacunes et aux restrictions qui existent en raison des lois en vigueur. L'un des problèmes de l'histoire du temps présent réside précisément dans la mise au point d'une méthodologie permettant d'exploiter la très grande diversité des sources disponibles et leur grande hétérogénéité.
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