Descendant d'une famille noble brandebourgeoise, Hindenburg entre en 1859 à l'École des cadets, combat en 1866 et en 1870-1871 dans un régiment d'infanterie de la garde prussienne. Admis à l'Académie de guerre, il sert ensuite au grand état-major sous les ordres de Moltke et de Schlieffen, puis au ministère de la Guerre. Général de division en 1900, il commande le 4e corps à Magdeburg trois ans plus tard. En 1911, Hindenburg prend sa retraite à Hanovre.
Après l'écroulement de l'armée allemande en Prusse-Orientale, en août 1914, il est rappelé en activité. Il a alors soixante-sept ans. Le 22 août 1914, il est nommé commandant en chef de la VIIIe armée ; son chef d'état-major est Erich Ludendorff. Il bat les Russes à Tannenberg (23-30 août), puis aux lacs de Mazurie (septembre). Après une offensive infructueuse sur Varsovie (octobre), il devient commandant en chef du front oriental. Bien qu'il n'ait pas atteint son objectif — déborder l'armée russe par son flanc droit, puis se rabattre sur ses arrières —, il a éliminé le danger russe et, en 1916, il se contente de résister aux assauts des armées du tsar. Le 29 août 1916, il remplace, en tant que chef d'état-major général de l'armée allemande, Falkenhayn, auquel il s'était plusieurs fois opposé. Il met hors de combat l'armée roumaine. Puis, en 1917, il vient secourir les Autrichiens en Galicie, les aide sur la Piave contre les Italiens et parvient enfin, en novembre, à conclure un armistice avec la Roumanie et la Russie. Durant l'hiver de 1917-1918, il ramène ses divisions sur le front ouest et, du 21 mars au 15 juillet 1918, il lance successivement quatre puissantes offensives contre le front allié, commandé par Foch. Ce sont quatre échecs sanglants. Acculé à la défensive tant sur le front français que sur le front des Balkans (commandé par Franchet d'Esperey), il demande à son gouvernement de solliciter un armistice auprès des Alliés. Mais il refuse d'assumer la responsabilité de cet acte, ce qui lui permettra, en 1919, de lancer la thèse fallacieuse du « coup de poignard dans le dos » porté à l'armée par la […]
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