Véritable détecteur de talents, marquant le monde des lettres du xixe siècle de sa personnalité généreuse, l'éditeur Jules Hetzel écrivit aussi sous le pseudonyme de P.-J. Stahl.
Issu d'une vieille famille alsacienne, fils d'un maître sellier de l'armée et d'une sage-femme, Hetzel passa son enfance à Chartres où de brillants débuts scolaires lui ouvrirent les portes du collège Stanislas à Paris. Afin de ne plus être à la charge de ses parents, il interrompra des études de droit pour entrer en tant que commis chez l'éditeur Paulin. Deux ans plus tard, il en est l'associé, puis fonde sa propre librairie, mi-religieuse, mi-profane.
Sa première publication importante, Scènes de la vie publique et privée des animaux (20 nov. 1840-11 déc. 1842), tableau satirique de la société issue de la révolution de Juillet, réunit les noms de Balzac, de Paul et Alfred de Musset, de Nodier et de sa fille Marie, de Louis Viardot, de Jules Janin, plus un dénommé Stahl qui intrigue fort ses collaborateurs. L'ouvrage, illustré par Grandville, paraît en fascicules hebdomadaires.
Avec deux autres associés, Hetzel va assumer la lourde tache d'éditer La Comédie humaine, de Balzac, de 1842 à 1848, date à laquelle Furne prendra la relève jusqu'en 1852.
Après un recueil de récits, Voyage où il vous plaira, écrit en collaboration avec Musset, il entreprend une seconde publication de longue haleine, Le Diable à Paris, où s'ajoutent aux noms de l'ancienne équipe ceux d'Alphonse Karr, de Briffault, d'Ourliac, d'Auguste Barbier, de Frédéric Soulié, d'Octave Feuillet, d'Arsène Houssaye, de Gautier, de Nerval, de Sue. Gavarni, Tony Johannot, Nanteuil, Berteill et Meissonier furent chargés de l'illustration.
Quand la révolution de 1848 éclate, Hetzel, qui, depuis quelques années déjà, s'occupait de politique et écrivait dans les journaux d'opposition, se lance dans la lutte et devient chef de cabinet de Lamartine au ministère des Affaires étrangères. Après le coup d'État du 2 décembre, il devra partir pour Bruxelles, exil qui durera jusqu'en 1859, mais […]
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