3. Influences biotiques sur les hêtraies
• Exploitation forestière
De croissance plus rapide que le chêne, le hêtre fournit un bois relativement dur, mais facile à travailler et utilisable pour de très nombreux usages, le dernier en date étant celui de la pâte à papier. Traité en futaie, car il rejette pas mal de souche en de nombreuses régions, le hêtre exige pour sa régénération par semis un ensoleillement atténué (essence d'ombre) et cela d'autant plus que le climat est plus sec. L'exploitation de la hêtraie âgée (120 à 150 ans en moyenne) se fait donc, non par coupe totale (à blanc), mais en conservant une certaine proportion de vieux arbres, dits semenciers, car ils fournissent les faînes d'où naîtra la prochaine futaie. Après cette coupe d'ensemencement, et tandis que les jeunes hêtres forment un fourré de quelques années, l'exploitation se poursuit, généralement en plusieurs fois, jusqu'à la coupe définitive (parfois vingt ans après la première coupe). Simultanément, les fourrés sont soumis à des dégagements qui éliminent les sujets médiocres ou abîmés, et transformés en gaulis (maximum : 10 cm de diamètre et 20 ans d'âge). De nouvelles coupes, dites de nettoiement et donnant déjà des produits utilisables, espacent la jeune forêt de façon à assurer aux arbres la croissance optimale : ainsi le gaulis devient perchis (maximum : 30 cm de diamètre, 60 ans) puis jeune futaie (jusqu'à 120 ans) et enfin vieille futaie, exploitable.
Appliqué à des parcelles entières, ce mode de traitement aboutit à une futaie équienne, qui, malgré son aspect esthétique, est en fait une monoculture, ce qui peut avoir des inconvénients sérieux, notamment sur le plan phytosanitaire. La régénération naturelle par microparcelles conduit à la futaie jardinée par bouquets, mieux équilibrée du point de vue démographique et plus satisfaisante du point de vue biologique.
Les premières coupes font apparaître ou s'étendre des espèces herbacées souvent caractéristiques (Atropa, Melica) et parfois des arbustes (Cornus) qui peuvent dangereusement concurrencer les semis de hêtres. L'art, difficile, du forestier consiste à régler l'importance de la coupe en fonction de ce danger, lui-même variable selon les conditions écologiques.
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