2. Les divers types de hêtraies en fonction du sol
La hêtraie européenne, bien limitée du point de vue climatique, permet d'aborder l'étude des autres problèmes écologiques relatifs à ces forêts.
• Hêtraies de plaine
Les grands massifs de hêtres du nord et de l'ouest du Bassin parisien ont au premier abord un aspect uniforme. Sous la futaie régulière, due en réalité à l'action du forestier, les arbustes sont rares ou absents, à l'exception parfois de quelques houx ou même de l'if, sempervirents. La strate herbacée, rare ou dispersée dans les hêtraies sèches (parfois presque nues), dense quand elle dispose de plus d'humidité édaphique ou atmosphérique, dépend pour une bonne part de la lumière qui franchit la voûte. Aussi comprend-elle, d'une part, quelques espèces toujours vertes, à floraison hivernale ou prévernale (Helleborus fœtidus, Daphne laureola, lierre) ; d'autre part, des espèces accomplissant l'essentiel de leur cycle aérien au premier printemps, avant la feuillaison, parant le sous-bois d'une éphémère splendeur (ce sont surtout des géophytes, dont les réserves souterraines permettent un développement rapide : narcisses, Anemone nemorosa, primevères) ; enfin, dans la lumière verte de la fin de printemps, les vraies plantes d'ombre (géophytes comme les précédentes : Endymion, Phyteuma, méliques, nombreuses autres graminées, mêlées de divers hémicryptophytes : Dryopteris, luzules, Elymus).
En fait, ces espèces ne s'observent pas dans toutes les hêtraies, mais constituent divers groupements, révélateurs des propriétés du sol. Ainsi, dans le Bassin parisien et sur ses marges, on distingue parmi les hêtraies naturelles, ou Fagions :
– le Cephalanthero-Fagion, sur sols calcaires, dont la strate basse contient spécialement Helleborus fœtidus, Carex digitata, Elymus europaeus, Melica nutans, les daphnés, de nombreuses orchidées (céphalanthères...) ;
– l'Asperulo-Fagion, sur sols bru […]
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