Le dernier des grands sculpteurs de l'école de Valladolid incarne l'âme religieuse de l'Espagne de la Contre-Réforme. On est mal informé sur son origine et sa formation, mais il est évident qu'il subit profondément dans sa jeunesse l'influence des maîtres de l'art naturaliste que furent le Bourguignon Juan de Juni et l'Italien Pompeo Leoni.
Cette veine naturaliste caractérise l'époque de la maturité (1612-1623) de Gregorio Hernández. Elle est bien représentée dans des figures de processions conçues isolément ou groupées dans des pasos à plusieurs personnages. À travers elles revivent les cérémonies de pénitence, cette manière de théâtre dans la rue développé durant la semaine sainte dans la dévote Valladolid. Pour complaire à un public populaire, le sculpteur accorde toute son attention aux visages tourmentés par un expressionnisme aisément mélodramatique.
Parmi les images les plus célèbres de cette époque, on citera la Véroniquesculptée en 1614 pour un paso de la Montée au Calvaire, à la demande de la confrérie de la Passion (musée de Valladolid). Le mouvement tournant qui anime la statue se retrouve sur le Christ à la Colonne de l'église […]
