4. La « formule » héraclitéenne
Ainsi lues, les énigmes illustreraient les éléments couplés du discours héraclitéen. Manière de les retenir, sans doute, par le procédé mnémotechnique qui consiste à condenser l'essentiel dans un petit trésor de formules à savoir par cœur. La légende attribue à Héraclite un livre, qu'il aurait déposé dans le temple d'Artémis à Éphèse. Par livre il faut entendre des tablettes, sur lesquelles auraient été gravés les caractères par une technique relativement archaïque, laissant peut-être le découpage des phrases au choix judicieux du lecteur. Les interprètes récents se disputent encore sur la meilleure façon de découper des phrases en y introduisant la ponctuation. D'où les écarts de l'interprétation. Ces phrases savamment fabriquées transmettent un message, sans doute, en même temps qu'elles fixent un vocabulaire. Avec une extrême simplicité de moyens et une grande économie de mots, elles condensent le plus de sens possible, et parfois plus d'un sens possible. D'où les difficultés de lecture qui ont valu à Héraclite sa réputation d'obscurité.
On cheminerait de l'une à l'autre phrase en les attachant par un mot-élément retrouvé, ainsi dans la séquence transmise par Hippolyte (DK 52, 53 et suivantes) :
[…]Le Temps est un enfant...
... à l'Enfant la Royauté.
... Père et Roi de toutes choses est la Guerre.
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