Découvert en 1988 et popularisé en 1990 par l'introduction de tests systématiques de dépistage dans le cadre du don du sang, puis par une médiatisation inédite dans le domaine de l'hépatologie, le virus de l'hépatite C (VHC) est présenté aujourd'hui comme le « tueur silencieux ». Cette présentation excessive, mais parfois justifiée, reflète les difficultés de communication autour de ce virus. La maladie est en effet longtemps asymptomatique, en dehors de l'asthénie que chacun banalisera dans le stress du quotidien, jusqu'à la survenue de complications qui ne sont pas constantes. Le malade se trouve ainsi partagé entre un espoir de maladie hépatique bénigne, voire définitivement silencieuse, et la crainte d'une maladie parfois sévère (cirrhose et cancer). Entre ces deux extrêmes, l'ensemble de l'éventail symptomatique peut être observé et il est donc absolument nécessaire de pouvoir adapter pour chacun l'information loyale qui le concerne.
1. L'agent de l'hépatite C
• Modes de transmission du VHC
Le VHC a une transmission principalement parentérale, c'est-à-dire par contact avec le sang. En France, la présence des anticorps anti-VHC révélateurs de la contamination par ce virus est observée chez des patients qui avaient reçu des transfusions sanguines ou des produits dérivés du sang préalablement à l'introduction des marqueurs indirects d'infection par hépatite non-A, non-B en novembre 1988. La contamination a aussi pu avoir lieu avant le dépistage obligatoire institué en mars 1990 des anticorps anti-VHC, au cours des dons du sang. Cela explique la prévalence des anticorps anti-VHC chez près de 90 p. 100 des hémophiles avant que le traitement stérilisant systématique par solvant-détergent des produits anti-hémophiliques ait été généralisé à partir d'août 1986, et chez 5 à 10 p. 100 des sujets transfusés ou ayant reçu des produits sanguins contaminés. C'est aussi une « pathologie de la seringue » à usage multiple et mal stérilisée comme on a pu le constater lors d'une campagne […]
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