4. Phylogénie et âge
De multiples observations sur la morphologie, la cytologie, l'anatomie, la distribution des différents ordres permettent de considérer certains caractères comme primitifs, d'autres comme évolués, donc de déduire l'ordre possible d'apparition des différents groupes d'Hépatiques.
Deux théories s'opposent. La première considère le gamétophyte couché à symétrie dorsi-ventrale et à structure simple comme primitif, la tige feuillée comme plus récente, le sporpphyte le plus simple comme le plus ancien. La seconde admet que le gamétophyte primitif se présentait comme une tige dressée à symétrie radiale, que la tige feuillée portant des feuilles toutes semblables serait plus ancienne que la tige anisophylle, que l'apparition du gamétophyte thalloïde serait récente ; en outre, le sporophyte, d'abord bien protégé par des organes spécialisés, aurait subi une évolution régressive aboutissant au sporophyte très simple des Ricciacées.
Les plus anciennes Hépatiques ont été découvertes dans des terrains de la fin du Dévonien. Les Jungermanniales anacrogynes semblent les plus âgées, mais les Marchantiales existaient déjà au Carbonifère. Les Jungermanniales acrogynes n'ont pas de représentants dans les terrains antérieurs au Crétacé. À cette époque, presque tous les ordres et sous-ordres actuels existaient. Beaucoup de genres, sans doute, ont disparu vers la fin du Primaire et au cours du Secondaire (Hepaticites, Thallites). Certains genres actuels (Plagiochila, Frullania, Radula, etc.) vivaient déjà au Tertiaire.
Si, au cours des âges, de nombreuses espèces ont été anéanties et si les difficultés de fossilisation ont fait perdre la plupart des témoins de l'évolution, il reste cependant, par endroits, quelques jalons qui nous suggèrent la richesse passée du groupe des Hépatiques. Tout ce qui persiste de nos jours est encore assez considérable pour nous permettre d'apprécier la beauté et la diversité de ces fragiles végétaux.
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