Pionnier du style international dont il fut le plus ardent défenseur, auteur d'une vingtaine d'ouvrages, devenus pour la plupart des ouvrages de référence, l'historien de l'architecture Henry-Russel Hitchcock est mort d'un cancer à New York le 19 février 1987. Cet insatiable érudit était une figure populaire de l'Université américaine, entre Harvard et New York. Constamment enveloppé de la fumée bleue de ses chères Gauloises, ce bon vivant jovial et généreux, à la voix de stentor, était connu de ses étudiants et collègues sous le seul nom de « Russel ». Né à Boston, Hitchcock commença à écrire pendant ses études à l'université Harvard, contribuant à Hound & Horn, un périodique estudiantin qui prônait le modernisme dans les arts (parmi les autres membres de ce cercle d'intellectuels radicaux qui collaboraient à la revue, citons T. S. Eliot et Virgil Thompson).
Après avoir passé quelque temps à la School of Design de Harvard, il décida d'entreprendre un doctorat en histoire de l'art. Dès cette époque, son principal centre d'intérêt était l'architecture moderne, qui, en cette fin des années 1920, ne pouvait constituer un sujet convenable de recherche. Par une ironie du sort, celui dont la carrière académique devait culminer avec sa nomination à l'Institute of Fine Arts de l'université de New York, après des années d'enseignement à Vassar College et Smith College, à la Wesleyan University, à Yale et Harvard, resta dépourvu du traditionnel diplôme, lacune que vinrent combler par la suite de nombreux titres honorifiques.
Sa carrière d'historien et de critique de l'architecture moderne commença véritablement avec sa collaboration à la revue Architectural Record et la parution en 1929 de son premier livre : Modern Architecture : Romanticism and Reintegration. Après avoir analysé la « désintégration » de l'architecture au xixe siècle sous les coups du romantisme historiciste, il présentait sa « réintégration » en deux étapes. Tout d'abord sous l'influence d'architectes tels que Peter Behrens, Joseph Hoffmann, August […]
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