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HOWARD HENRY (1517-1547)

Comte de Surrey, poète et courtisan, Henry Howard eut une vie brève et agitée. C'est la période qui le veut : la cour de Henry VIII, les guerres contre l'Écosse et la France, le tournoiement des épouses du roi, dont une, Catherine Howard (reine de 1540 à 1542), sa cousine, eut la tête tranchée, la jalousie des factions se disputant les faveurs d'un roi tyrannique et impulsif, la calomnie des Seymour qu'il avait offensés dix ans plus tôt. Tout cela conduisit le comte à la Tour, sous l'inculpation de haute trahison, et à l'échafaud : il avait à peine trente ans.

Howard intéresse l'historien de la littérature et le critique à plus d'un titre. Ce poète nourri d'écrivains classiques, les Latins surtout, invente le vers blanc (le décasyllabe iambique non rimé) en traduisant les livres II et IV de l'Énéide. Ce vers deviendra le véhicule de presque toute la poésie anglaise et des œuvres dramatiques de l'époque élisabéthaine. Il supplante l'alexandrin, trop long, trop mou, trop monotone en anglais, qui succombe à la fâcheuse tendance de devenir du doggerel (c'est-à-dire un vers plat, de mirliton, propre au folklore et à la satire) ; il supplante aussi le quatorzain, encore plus long, que la césure doit couper en deux vers de quatre et de trois accents. Il supprime aussi la rime, ce qui libère le vers et permet les enjambements. C'est là une invention capitale.

Howard va aussi donner ses lettres de noblesse au sonnet, en même temps que sir Thomas Wyatt, son émule. Tous deux eurent des sonnets publiés dans le fameux recueil Anthologie de Tottel (Tottel's Miscellany, 1557), sans que ces sonnets, d'ailleurs, composent une séquence, comme ceux publiés sous Elizabeth. La première séquence, de structure peu traditionnelle, est celle de Thomas Watson, Hecatompathia (1582). Mais la forme fixe du sonnet était trouvée (Shakespeare allait s'en servir), trois quatrains et un distique ; forme différente des modèles italiens (Pétrarque) ou français, mais bien capable de porter la poésie très haut.

La poésie personnelle de Howard est élégante, simple et sans affectation. Sa diction s'écarte des mots savants ou recherchés, ses rythmes sont classiques et bien étudiés. Il a un sens de la langue qui proscrit les jeux conventionnels des allitérations faciles qui constituaient auparavant, sauf chez Chaucer, la carcasse du vers. Les élisabéthains ont préféré l'exubérance. Il faudra attendre l'ère classique pour que soient reconnus les mérites de Surrey — c'est ainsi qu'on le nomme le plus souvent.

Henri FLUCHÈRE

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ANGLAIS (ART ET CULTURE) - Littérature

Écrit par :  Elisabeth ANGEL-PEREZJacques DARRASJean GATTÉGNOChristine JORDISAnn LECERCLEMario PRAZ

Dans le chapitre " Renaissance et floraison élisabéthaine"  : …  de la littérature qui fleurit sous Élisabeth. L'exemple de sir Thomas Wyatt (1503-1542) et de *Henry Howard, comte de Surrey (1517-1547), qui, dans la première moitié du xvie siècle, importèrent directement d'Italie le sonnet de Pétrarque déjà nuancé du concettismo de Serafino Aquilano, n'eut pas de suite, et… Lire la suite

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