Né en Virginie dans une famille de la petite bourgeoisie, Henry Clay devient avocat à vingt ans. Il s'établit au Kentucky où il mène une carrière professionnelle pleine de succès et une carrière politique au cours de laquelle il représentera cet État tantôt à la Chambre des représentants, tantôt au Sénat pendant près de quarante ans, avec le rôle national de speaker (président de la Chambre).
Conservateur dans la tradition aristocratique du « gouvernement des sages, des méritants et des riches », il promeut aussi une politique d'intervention du gouvernement fédéral dans les domaines du développement économique et apporte sa marque dans les différents débats sur les tarifs douaniers, les impôts, les investissements fédéraux et surtout la Banque fédérale. Si son tempérament politique et son rôle de speaker lui permettent de faire admettre tout un ensemble de compromis, son habileté ne suffit pas à le faire accéder à la présidence comme il en a l'ambition.
Après s'être distingué au niveau local, Clay est élu en 1811 à la Chambre des représentants où il met son éloquence au service des partisans du déclenchement de la guerre avec la Grande-Bretagne en 1812, ce qui ne l'empêche pas de participer aux négociations de paix en 1814 à Gand.
En 1820-1821, Clay présente les suggestions qui permettent de faire accepter le Compromis du Missouri rétablissant provisoirement l'équilibre entre États esclavagistes et États non esclavagistes, ce qui lui vaut le surnom de « grand pacificateur ». Adversaire d'Andrew Jackson depuis l'invasion de la Floride (1819), il se présente aux élections de 1824 où il arrive en quatrième position ; usant de son rôle de speaker à la Chambre des représentants, il soutient victorieusement John Quincy Adams lors du vote décisif de la Chambre ; il en est récompensé par le poste de secrétaire d'État aux Affaires étrangères. Les partisans de Jackson ne manquèrent pas de l'accuser de corruption alors que ce n'était qu'un signe de l'apparition du « système des dépouilles » (spoils […]
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