Né dans une riche famille de la gentry, apparenté par sa mère aux comtes de Warwick, Henry St John Bolingbroke a été élevé à Eton et probablement à Oxford et a complété son éducation par le traditionnel « grand tour » sur le Continent en 1698-1699. Il accède rapidement aux responsabilités publiques : dès 1701 il entre aux Communes. Il y devient l'un des principaux orateurs du parti tory et, pendant quelque onze ans, lie son destin à celui de Harley, futur comte d'Oxford. Il occupe diverses fonctions ministérielles, dont le secrétariat à la Guerre, et, appelé à la pairie en 1712 avec le titre de vicomte Bolingbroke, il peut se poser en rival de son ancien ami et protecteur : Harley, comte d'Oxford. Celui-ci est évincé en juillet 1714 et Bolingbroke lui succède à la tête des affaires. Entre-temps, il a joué un rôle majeur dans l'adoption d'une politique de paix avec la France et est l'un des artisans du traité d'Utrecht, se résignant à renoncer aux anciens buts de guerre et à abandonner partiellement les alliés de l'Angleterre. La reine Anne étant morte le 1er août 1714, il n'a pas disposé de suffisamment de temps pour mener à bien son grand dessein : modifier l'ordre d […]
