Vers 1830, la Norvège émerge de la tutelle danoise, en vertu d'un mouvement commun à toute l'Europe : l'éveil des nationalités, ou, si l'on préfère, les aspirations indépendantistes et libertaires propres au romantisme. C'est dans cette lumière qu'il faut considérer le plus grand écrivain romantique norvégien, Henrik Wergeland, qui répond assez bien aux caractères qui définissent, en même temps, le Danois Oehlenschlaeger ou le Suédois Tegnér. Il est, si l'on peut dire, le premier écrivain norvégien de la Norvège (à la différence de L. Holberg qui n'a jamais écrit qu'en danois). Il se trouve que la richesse de la palette de cet enfant de Kristiansant, fils de pasteur et d'abord étudiant de théologie, jointe à la fécondité d'une imagination ailée et à un incontestable talent de visionnaire, coïncidaient fort bien avec l'esprit des temps nouveaux.
Wergeland entendait réveiller la conscience nationale de son peuple. En conséquence, il parcourut inlassablement la Norvège, organisant des réunions, créant des bibliothèques pour les paysans, prodiguant les efforts pour faire revivre la conscience du passé en encourageant, par exemple, la renaissance des dialectes. Ses idées, il le […]
