À la mort de Frédéric Barberousse, en 1190, son fils Henri, déjà proclamé roi des Romains en 1169 et couronné roi d'Italie en 1186, prend le pouvoir à titre personnel, apparemment sans difficulté, malgré une certaine réticence de la part des princes.
D'un tempérament cruel, autoritaire et taciturne, Henri VI ne recule ni devant la séquestration (Richard Cœur de Lion, 1193-1194), ni devant l'assassinat politique (évêque de Liège, 1192 ; nobles siciliens après la mort de l'usurpateur sicilien Tancrède, 1194), ni devant les supplices (mutilation d'un enfant, fils de Tancrède ; mort du comte Giordano sur un trône chauffé à blanc), ni devant les crimes macabres (décapitation de cadavres inhumés).
Sa femme, Constance, fille de Roger II de Sicile, se trouvant seule héritière du royaume à la mort de son neveu Tancrède, Henri VI se fait couronner roi de Sicile en 1194 ; il est alors le plus grand souverain du monde connu. Il nomme son fils, né en 1194, Constantin mais aussi Frédéric et Roger. Par son frère, il s'allie à l'empereur de Byzance, reçoit l'hommage du roi de Jérusalem, Amaury de Lusignan, et celui du roi d'Arménie.
En Allemagne même, il ne peut maintenir dans […]
