Poète, romancier, essayiste, traducteur, Henri Thomas a bâti une œuvre abondante et diverse. Une quarantaine d'ouvrages la compose, dont certains ont été couronnés : La Cible, prix Sainte-Beuve 1956 ; John Perkins, prix Médicis 1960 ; Le Promontoire, prix Fémina 1961 ; Les Tours de Notre-Dame, prix des Sept 1979. L'Académie française lui a décerné son grand prix de poésie en 1986.
De ce travail inlassable, Maurice Blanchot a écrit qu'il est « peu visible, protégé de son invisibilité par une certaine indifférence pour les formes et les techniques nouvelles... » De fait, dans sa poésie, Thomas a très tôt trouvé son unité rythmique et syntaxique, qui réside dans la concision des phrases, la scansion brève où la mise entre virgules est déterminante. De Travaux d'aveugle (1941) à Trézeaux (1989), il obéit à l'oreille mentale qui musicalise un vers selon le rythme interne qui lui est propre. Et sa poésie décline toutes les possibilités formelles du genre, s'offrant même ici et là le bonheur (anachronique ?) de rimer, en toute indépendance des modes et des influences, nonobstant l'affiliation intime à Baudelaire, Corbière (à q […]
