L'aventure littéraire d'Henri Queffélec, né à Brest, s'est élaborée à partir d'une aire géographique très définie, celle que balisent Belle-Île, Ouessant, Sein, Douarnenez. Un second thème très prégnant — la foi catholique — lui a permis d'insuffler une dimension spirituelle à ses romans maritimes. De fait, ils ont toutes les vertus qu'on attendait de ce genre dans les années 1940-1950 : une énergie intérieure qui n'est pas le seul point commun avec les œuvres de Bernanos, une dynamique de l'écriture, qui ne peut se séparer du souffle religieux et de la quête existentielle. Il faudrait ici montrer comment, dans Un recteur de l'île de Sein (1944), le romancier anime, par des essais de voix, le monologue intérieur de ces humbles et de ces tourmentés, avec une puissance proche de celle de Giono et de Céline. Le temps reviendra sans doute pour ces romans existentiels et spirituels que furent Tempête sur Douarnenez (1951)), Un royaume sous la mer (1956) ou Solitudes (1963). Ils ont dominé, par leur générosité, la scène littéraire, puis se sont retirés, pour un temps, comme la mer. Queffélec fut avant tout un homme de la foi : il semble n'avoir jama […]
