Linguiste, traducteur et poète français. Né à Paris, Henri Meschonnic suit des études de lettres avant d'enseigner à l'université de Lille (1963-1968) puis à Paris-VIII (1969-1997). La linguistique, l'exercice de la poésie et celui de la traduction constituent pour lui les trois dimensions d'une même réflexion sur le langage, auxquelles on pourrait ajouter une quatrième, à savoir un ardent besoin de polémiquer (notamment contre Derrida et la phénoménologie, contre André du Bouchet et ses traductions de Celan, plus tard contre « le langage Heidegger » et ses liens supposés avec le national-socialisme). Il construit ainsi une œuvre volontairement en porte-à-faux, notamment sur son versant stylistique et linguistique. Bien loin d'épouser la vulgate structuraliste qui a cours alors qu'il commence à publier, il crée, en se référant notamment à W. von Humboldt, F. de Saussure, et aux formalistes russes, d'autres paramètres plus à même de saisir la singularité d'une œuvre littéraire. Au structuralisme, il oppose alors ce qu'il appellera par la suite une « anthropologie historique du langage », qui vise à recontextualiser le texte. Pour ce faire, il s'appuie notamment sur la notion de rythme, auquel il donne une définition aussi étendue que possible et dont il fait le marqueur d'une subjectivation, un indice textuel où se donnent à lire les rapports entre langage, histoire et société. Cette réflexion s'élaborera tout au long des cinq volumes intitulés Pour la poétique (1970-1978), que prolongeront Critique du rythme (1982), Politique du rythme, politique du sujet (1995). Henri Meschonnic a par ailleurs traduit de nombreux textes bibliques. Commencée avec Les Cinq Rouleaux (1970), cette vaste entreprise se poursuivra au cours des années 2000 avec Gloire (traduction des Psaumes, 2001), Au commencement (traduction de la Genèse, 2002), Et il a appelé (traduction du Lévitique, 2003), Dans le désert (traduction des Nombres, 2008). Pareil travail de traduction lui permet de donner forme sensible à un élément clé de […]
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