C'est par sa collaboration avec Alfred de Tarde, pour la publication d'enquêtes sur Les Jeunes Gens d'aujourd'hui, que Massis se fait connaître en 1911. Né à Paris, proche de Péguy de 1910 à 1914, il se rapproche de Maurras, à qui il restera fidèle toute sa vie. Mais il n'appartiendra jamais lui-même à l'Action française. En 1919, il lance le Manifeste du Parti de l'intelligence, qui recueille un nombre très grand de signatures dans les milieux de l'intelligentsia conservatrice. Fort de ce succès, il fonde l'année suivante, avec Jacques Bainville, La Revue universelle, qu'il dirigera jusqu'en 1944. Ami de Maritain, il soutient Bernanos à ses débuts littéraires et se trouve à ses côtés lors de la condamnation de l'Action française en 1926. Par contre, il attaque violemment André Gide, en qui il voit le représentant d'une pensée et d'un art décadents et délétères. Pour faire contre-feu à la condamnation de l'Italie par la S.D.N. (1935) après l'invasion de l'Éthiopie, Massis, qui est partisan d'une entente avec le régime fasciste de Mussolini, se fait le porte-parole d'une certaine droite lorsqu'il rédige le Manifeste des intellectuels français pour la défense de l'Occident et la paix en Europe. Membre, en 1940, du Conseil national du maréchal Pétain, son activité ne se ralentit pas après la guerre ; militant à l'Union des intellectuels indépendants, il collabore à de nombreux journaux et revues d'extrême droite comme Aspects de la France, La Nation française, Itinéraires. Penseur rigoureux, et même quelque peu rigide, Massis écrivain s'illustra surtout dans le genre de l'essai littéraire et politique (Défense de l'Occident, 1927 ; D'André Gide à Marcel Proust, 1948 ; Maurras et notre temps, 1951). L'Académie française l'accueillit en son sein, en 1960. Il publia encore Barrès et nous (1962) et des Mémoires : Au long d'une vie (1967).
Pierre-Robert LECLERCQ
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