La richesse du cursus de Henri Irénée Marrou, l'un des historiens de l'Antiquité les plus complets, se présente d'abord lui-même avec la richesse d'un cursus qui se passe de commentaires : reçu premier à l'École normale supérieure en 1925, deuxième à l'agrégation d'histoire et géographie en 1929, membre de l'École française de Rome de 1930 à 1932, chargé de conférences à l'Institut français de Naples de 1932 à 1937, docteur ès lettres en 1938 (l'année même où il est nommé professeur à la faculté des lettres de l'Université égyptienne), puis appelé à enseigner successivement dans les universités de Nancy, Montpellier et Lyon avant de devenir, en 1945, maître de conférences et, en 1949, professeur titulaire à la Sorbonne (jusqu'à sa retraite en 1975) ; élu, en 1967, membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, qu'il présidait l'année même de sa mort, il était aussi membre de l'Académie pontificale d'archéologie, de la British Academy, de l'Académie royale néerlandaise, de l'Accademia nazionale dei Lincei, etc.
Cependant, aussi brillante qu'elle ait été, cette carrière d'enseignant et de chercheur, à laquelle Marrou s'est adonné avec un talent incomparable, ne saurait pas plus donner une idée de son génie que si, pour résumer son œuvre écrite, on se bornait à extraire, d'une bibliographie comptant quelque deux cents numéros, et à aligner, dans leur ordre chronologique de publication, la liste de ses livres, si souvent réédités et traduits en diverses langues : Saint Augustin et la fin de la culture antique (thèse principale, de 1937, soutenue en 1938, et augmentée par la suite d'une Retractatio datant de 1949) ; MOUCIKOC ANHP. Étude sur les scènes de la vie intellectuelle figurant sur les monuments funéraires romains (thèse complémentaire, 1937) ; Histoire de l'éducation dans l'Antiquité, 1948 ; L'Ambivalence du temps de l'histoire chez saint Augustin, 1950 ; De la connaissance historique, 1954 ; Saint Augustin et l'augustinisme (en collaboration avec A.-M. La Bonnardière), 1955 ; « De la persécution de Dioclétien à la mort de Gré […]
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