Fils aîné de Jean sans Terre, mis en possession de sa couronne grâce à une intervention pontificale et à l'appui militaire de certains barons, Henri III connaît un règne perpétuellement troublé par des révoltes et voit son autorité bafouée et discutée. C'est un roi faible de caractère et volontiers soumis aux avis de favoris, cosmopolite dans sa pensée et dans ses goûts, très attaché à la papauté ; favorable à l'intrusion d'étrangers volontiers nommés aux grands offices et aux bénéfices épiscopaux, il suscite des réactions xénophobes. Partageant avec nombre de grandes familles anglaises le rêve de reconquérir les terres autrefois tenues par sa dynastie en France, il doit accepter, en 1259, le traité de Paris qui ne lui laisse que la Guyenne, les diocèses de Limoges, de Cahors et de Périgueux. Longtemps divisés, les opposants réussissent, en 1258, à regrouper leurs forces derrière Simon de Montfort, comte de Leicester, et le « Parlement fou » impose à Henri III la renonciation à la plupart de ses droits, la soumission aux directives d'un Conseil oligarchique (Provisions d'Oxford). Pendant huit années, le souverain, tantôt prisonnier de grands vassaux, tantôt rendu à une précaire […]
