Fils d'un médecin, issu d'une ancienne famille terrienne du canton de Vaud, Henri Guisan se destine à l'agronomie et, à partir de 1897, exploite un grand domaine agricole. Devenu officier, il s'oriente de plus en plus vers la vie militaire, puis s'y consacre entièrement. Colonel divisionnaire (1926), il est placé à la tête d'un corps d'armée (1932-1939) et collabore à la préparation de l'armée, dans l'éventualité d'une nouvelle guerre, qui apparaît inéluctable. Il fait adopter une stratégie défensive, autour du « réduit national », dont il est le créateur, formidable système de fortifications, dans le bastion naturel des Alpes, destiné à être le centre de la résistance à une agression. Le 30 août 1939, il est appelé, par le Parlement fédéral, au poste de général, commandant en chef, et il dirige la mobilisation générale. Esprit pondéré, chef à la fois énergique et bienveillant, il acquiert une autorité morale indiscutée, imposant, par-dessus les tendances politiques et les diversités ethniques et confessionnelles de la Suisse, le sentiment national et le dévouement au pays. Il épargnera à la Confédération les dissentiments profonds entre Latins et Alémaniques, engendrés, en 1914 […]
