Fils d'un ancien médecin de la marine, Henri Lacordaire fit ses études au lycée puis à l'école de droit de Dijon, et devint avocat stagiaire à Paris en 1823. Il se convertit en 1824 et entra presque aussitôt au séminaire d'Issy. Ordonné prêtre le 22 septembre 1827, nommé chapelain de la Visitation (févr. 1828) puis second aumônier du lycée Henri-IV (1829), il entretenait en lui sans relâche l'ambition d'agir sur l'opinion publique, ambition qui s'était éveillée depuis son entrée (1821) dans la Société d'études de Dijon.
Après les journées de Juillet, l'abbé Lacordaire est, avec le comte de Montalembert, le plus engagé des collaborateurs de Lamennais dans la fondation du journal L'Avenir et dans les campagnes d'opinion qui lui font suite, principalement celle sur la liberté d'enseignement. Il ouvre une école libre à Paris en mai 1831, malgré les lois, provoquant ainsi un procès à grand retentissement. Après la suspension de L'Avenir (15 nov. 1831) consécutive à la réserve grandissante de l'épiscopat, il entraîne Lamennais et Montalembert à Rome pour solliciter un jugement. À la suite de la condamnation (encyclique Mirari vos du 15 août 1832) et de […]
