Principalement connu par ses œuvres — une Summa theologica (inachevée), quinze Quodlibeta, des Questions sur la métaphysique, un commentaire de la Physique d'Aristote —, Henri de Gand (de Gandavo), maître séculier de l'université de Paris, enseigna la théologie de 1276 à 1292. Il fut mêlé à la condamnation de Siger de Brabant et des averroïstes en 1277 et eut pour élève Godefroid de Fontaines, qui par la suite prit contre lui la défense de saint Thomas. Augustinien, notamment par sa noétique, Henri participa à toutes les grandes controverses de l'époque, prenant place parmi les penseurs indépendants dans un milieu en majorité thomiste et professant une métaphysique platonisante nettement marquée par la pensée d'Avicenne.
Une de ses positions fondamentales, qui se présente comme une interprétation de l'Idée platonicienne, s'exprime dans la notion d'essence absolue, empruntée à Avicenne : cette essence, qui n'est ni universelle (comme celle que d'autres placent dans l'âme) ni particulière (comme les choses du monde physique), constitue un simple contenu intelligible indifférent à toute détermination existentielle. Henri en vient a […]
