Accueil - Boutique - Contact - Assistance
Zone de recherche

Altas Auteurs Recherche thématique Dictionnaire
 

BERGSON HENRI (1859-1941)

Page précédente Page suivante

3.  Un mobilisme universel et intégral

Sous tous ses aspects, à tous les niveaux, l'existence est mouvement ou, plus généralement, changement : telle est l'intuition fondamentale vers laquelle convergent toutes les autres. Cela est vrai de la conscience, qui ne cesse de se modifier de façon irréversible, ne serait-ce que par le souvenir de sa propre activité. Mais l'expérience pure et les découvertes scientifiques, s'appuyant mutuellement, font paraître également le monde extérieur sous ce jour particulier. Dans le monde vivant, l'individu croît puis décroît d'une manière continue, les espèces se transforment ou, à tout le moins, suscitent constamment dans leur sein des variétés nouvelles. Le monde matériel, de son côté, n'échappe pas à l'universel devenir : outre les mouvements évidents, petits ou grands, qui s'y produisent, la matière apparemment inerte qui le compose est, en fait, parcourue d'ébranlements de tous ordres —  oscillations, vibrations, ondulations, etc. —, et son énergie s'altère progressivement et inéluctablement. Enfin, cette mobilité n'épargne pas ses éléments les plus intimes : l'atome est un ensemble de mouvements. Le changement est partout pour qui sait le voir.

Non seulement tout est en mouvement, mais le mouvement lui-même n'est que mobilité. Le mouvement dans l'espace, par exemple, ne se réduit pas, comme on le pense habituellement, à l'occupation successive d'une série de positions séparées ; car chacune d'elles est un point immobile et non un élément de mouvement, et, si le mobile coïncidait, ne serait-ce qu'un instant, avec elle, il marquerait un arrêt, perdant ainsi l'impulsion qui le constituait. Avec de l'immobile on ne fera jamais du mouvant. Le mouvement consiste tout entier dans le passage d'un point à un autre. De la même manière, le changement ne réside pas dans une succession d'états distincts mais dans l'altération continue par laquelle l'état antérieur — qui n'était donc pas un état : déterminé et fixe — se transforme en un état différent. La tra […]

… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 12 pages… Offre essai 7 jours

Thématique

Classification thématique de cet article :

Retour en haut

Autres références

« BERGSON HENRI (1859-1941) » est également traité dans :

MATIÈRE ET MÉMOIRE, livre de Henri Bergson

Écrit par :  Francis WYBRANDS

Atypique à son époque, l'œuvre de Henri Bergson (1859-1941) rompt avec les traditions issues du kantisme et de la métaphysique traditionnelle. Matière et mémoire, sous-titré « Essai sur la relation du corps à l'esprit », suit de sept ans sa thèse sur Les Données immédiates de la conscience (1889). Très au fait des recherches… Lire la suite
ARCHAÏQUE MENTALITÉ

Écrit par :  Jean CAZENEUVE

Dans le chapitre "La pensée sauvage et l'inconscient collectif"  : …  notre culture actuelle, nous instruirait sur ce qu'il y a d'universel dans l'humanité. C'est à *Bergson qu'il faut sans doute faire remonter cette manière d'envisager la mentalité archaïque. Pour l'auteur des Deux Sources de la morale et de la religion, en effet, la nature humaine est toujours la même, mais dans nos civilisations le… Lire la suite
DURÉE

Écrit par :  Alain DELAUNAY

… *Cette notion indique l'idée de persistance d'un phénomène, de maintenance temporelle d'une réalité. Pour saint Thomas, la durée est, suivant la formule d'E. Gilson, « de même nature que le mouvement même de l'être qui dure ». Descartes, au nom du mécanisme, rejette le principe de permanence fondé par les scolastiques sur les formes substantielles.… Lire la suite
ÉROTISME

Écrit par :  Frédérique DEVAUXRené MILHAUJean-jacques PAUVERTMario PRAZJean SÉMOLUÉ

…  civilisation est aphrodisiaque » (Les Deux Sources de la morale et de la religion). Et *Bergson ajoute prophétiquement, non sans témoigner d'une excessive confiance en la science et en la femme : « Ici encore la science a son mot à dire, et elle le dira un jour si nettement qu'il faudra bien l'écouter : il n'y aura plus de plaisir à… Lire la suite
ESTHÉTIQUE - Histoire

Écrit par :  Daniel CHARLES

Dans le chapitre "Les esthétiques du sujet"  : …  versions vitalistes ou organicistes, en pleine vigueur à l'orée du xxe siècle. *À l'époque contemporaine, c'est d'abord par Bergson que sont exaltés l'instinct, l'intensité, l'intuition, tous éléments qui contribuent à faire envisager l'art comme enraciné dans la dimension fondamentalement qualitative du réel. Il faut… Lire la suite
GOUHIER HENRI (1898-1994)

Écrit par :  Denise LEDUC-FAYETTE

…  plus que jamais, de “ne pas faire dire aux mots plus qu'ils ne disent dans leur contexte” : *Bergson peut interroger le Christ sans sortir de la philosophie, mais il faut distinguer “ce qu'il sait comme philosophe” de “ce qu'il pense comme homme” ; “il y a donc une pensée de Bergson qui déborde sa philosophie” ; “tout ce que peut la… Lire la suite
GUITTON JEAN (1901-1999)

Écrit par :  Gérard LECLERC

…  de Jacques Chevalier et de Léon Brunschvicg (« son contraire »), il se tourne vers la philosophie. *C'est la rencontre du philosophe catholique Maurice Blondel ainsi que celle d'Henri Bergson (dont il deviendra un des exécuteurs testamentaires) qui détermineront le jeune philosophe agrégé à préparer son doctorat sur Le Temps et l'éternité chezLire la suite
HOMME - La réalité humaine

Écrit par :  Alphonse DE WAELHENS

Dans le chapitre "Nietzsche et Bergson"  : …  ou emporte la volonté de puissance présente en chacun des vivants, ne résout point cette ambiguïté. *La « philosophie nouvelle » de Bergson se propose de dégager l'homme, ou la durée en l'homme, des prestiges de l'intelligence spatialisante, vouée au morcelage du concept, qui, à son plus haut niveau, se confond avec la pensée de la science et selon… Lire la suite
INFINI, philosophie

Écrit par :  Emmanuel LÉVINAS

Dans le chapitre "Le fini sans infini"  : …   : de quelle nature est cette « présupposition » ? Que signifie l'infinitude ainsi posée ? *Bergson, comme Heidegger et avant lui, enseigne un temps irréductible à une série infinie d'instants traités comme une éternité par l'intelligence. Le temps composé d'instants homogènes, temps superficiel et dégradé, renvoie à la durée, dont les… Lire la suite
INTÉRIORITÉ

Écrit par :  Étienne BORNE

Dans le chapitre "Du positivisme à la pensée contemporaine"  : …  excluant les compromis et les éclectismes. La renaissance de la métaphysique est liée, avec *Bergson – et c'est l'autre terme de l'alternative – à une redécouverte de l'intériorité sous forme d'une intuition de la durée comme donnée immédiate de la conscience et créativité substantielle, à partir de laquelle il n'est impossible ni de… Lire la suite
INTUITION

Écrit par :  Noël MOULOUD

Dans le chapitre "Vers une intuition non catégorielle de la vie et du sens"  : …  du sentiment d'une création immanente au réel, et d'une interprétation vitaliste de l'évolution. *Bergson veut adresser une critique radicale à l'idéalisme antique ou moderne, qui interpose des formes ou des schèmes entre la conscience et le réel. Le retour au réel est suppression de cette distance. Comme le réel est vie et élan, l'intuition se… Lire la suite
MÉTAPHYSIQUE

Écrit par :  Ferdinand ALQUIÉ

Dans le chapitre "Renaissance et négation de la métaphysique"  : …  en découvrant pour elle cette expérience que Kant déclarait lui manquer. C'est ce que fera *Bergson. Pour Bergson, l'être se découvre dans le devenir même de la conscience. Rejetons la division spatialisante de la technique, la division conceptuelle et symbolique de la science et du langage, et nous retrouverons, en cette sympathie par… Lire la suite
MORT - Les interrogations philosophiques

Écrit par :  René HABACHI

Dans le chapitre "Les doctrines de l'information"  : …  pourvu qu'il soit secouru par la grâce dont Biran semble analyser les effets sur sa propre vie. *C'est cette « métaphysique expérimentale » que Bergson retrouve à son tour par l'analyse des données immédiates de la conscience, lorsque, critiquant scientifiquement le parallélisme psycho-physiologique, il montre que la conscience et la mémoire… Lire la suite
NATURE PHILOSOPHIES DE LA

Écrit par :  Maurice ÉLIE

Dans le chapitre "Après la « Naturphilosophie »"  : …  que le monde soit un être vivant. Comment se développerait-il ? De quoi se nourrirait-il ? »). *Bergson, enfin, affirme dans Matière et Mémoire que « la science revient, en dépit des apparences [...], à l'idée de la continuité universelle », et son Évolution créatrice, avec la notion d'« élan de vie », peut être lue tout… Lire la suite
NÉANT

Écrit par :  Jean LEFRANC

*« Les philosophes ne se sont guère occupés de l'idée de néant. Et pourtant elle est souvent le ressort caché, l'invisible moteur de la pensée philosophique. Dès le premier éveil de la réflexion, c'est elle qui pousse en avant, droit sous le regard de la conscience, les problèmes angoissants, les questions qu'… Lire la suite
RITES

Écrit par :  Jean CAZENEUVE

Dans le chapitre "Fonctions et explications"  : …  ne convient pas à tous les rites, que notamment il ne s'applique pas à ceux de la magie agressive. *Bergson pensait au contraire que l'intelligence, loin de venir compléter l'instinct, peut exercer une action dissolvante sur la cohésion sociale en faisant naître le doute et en fortifiant l'égoïsme et le calcul. C'est pourquoi, selon lui, le rite… Lire la suite
SCIENCES - Science et philosophie

Écrit par :  Alain BOUTOT

Dans le chapitre "Science et philosophie de la vie"  : …  est appelé à jouer un rôle salvateur : « Nous avons l'art pour ne pas périr de la vérité. » Pour *Bergson aussi la science fige le devenir et manque le mouvement même de la vie. La science spatialise son objet et méconnaît nécessairement la durée, qui est « création continue d'imprévisible nouveauté ». Elle est mécanique, et « l'essence des… Lire la suite
SPIRITUALISME

Écrit par :  Dominique JANICAUD

Dans le chapitre "L'instauration bergsonienne"  : …  Henri Gouhier a bien montré, en particulier dans son introduction à l'édition du Centenaire, que *« le bergsonisme se présente comme la prise de conscience d'une situation nouvelle dans l'histoire des sciences ». Tandis que, depuis Descartes, les mathématiques constituaient l'archétype méthodologique par excellence, c'est alors la biologie qui… Lire la suite
SUPERSTITION

Écrit par :  Sylvain MATTON

Dans le chapitre "Vers une phénoménologie de la superstition"  : …  du premier genre d'irrationnel, la religion du second. C'est d'une certaine manière ce qu'a fait *Bergson, dans Les Deux Sources de la morale et de la religion, en distinguant entre la « religion statique » – définie comme « une réaction défensive de la nature contre le pouvoir dissolvant de l'intelligence » et chargée de « combler, chez… Lire la suite
TEMPORALITÉ

Écrit par :  Henry DUMÉRY

… *Terme abstrait, mais qui se veut concret. La temporalité est le temps vécu par la conscience, celui dont elle fait l'expérience et qui déploie, à partir du présent (seul moment que saisisse une attention opérante), un passé qui est fait de rétentions utilisées comme acquis et comme appoint pour l'action (mais c'est le présent qui somme et… Lire la suite
TEMPS

Écrit par :  Hervé BARREAUOlivier COSTA DE BEAUREGARD

Dans le chapitre "Critique des approches modernes"  : …  *La conception bergsonienne du temps était, il y a peu, familière à tous les Français qui avaient suivi un cours de philosophie. Le grand mérite de son auteur est de n'en avoir pas proposé des versions foncièrement différentes, pendant le demi-siècle où il domina la philosophie française. Il s'agit toujours d'opposer la durée pure, qui est le temps… Lire la suite

Afficher la liste complète (21 références)

Retour en haut

Média

Média de cet article dans l'Encyclopædia Universalis :

Henri Bergson

Retour en haut

Accueil - Contact - À propos
Consulter les articles d'Encyclopædia Universalis : 0-9 A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z
Consulter les articles d'Encyclopædia Britannica.
© 2012, Encyclopædia Universalis France S.A. Tous droits de propriété industrielle et intellectuelle réservés.

chargement du média