2. La transformation de Lorentz
Lorentz arriva à l'un de ses résultats les plus importants par l'étude des phénomènes électromagnétiques dans les milieux matériels en mouvement. Ce résultat couronnait une série de tentatives pour expliquer l'expérience célèbre d'Albert A. Michelson de 1881, qui, permettant la mesure des vitesses de propagation de la lumière perpendiculairement et parallèlement au mouvement de la Terre sur son orbite autour du Soleil, avait prouvé que ces deux vitesses étaient égales ; or, elles seraient différentes dans l'hypothèse d'un référentiel absolu de l'espace. Lorentz suppose que les corps en mouvement se rétrécissent : c'est la contraction de Lorentz (1892).
En 1904, il réussit à montrer que les équations de Maxwell restent invariantes par rapport à une certaine transformation des coordonnées de l'espace et du temps. Cette « transformation de Lorentz » indique comment les trois coordonnées de l'espace et celle du temps dans un certain système référentiel sont liées aux coordonnées correspondantes dans un autre système référentiel qui se déplace par rapport au premier. Ainsi, Lorentz était venu tout près de la théorie de la relativité, mais le pas décisif restait à faire. Lorentz ne quittait pas l'idée de l'espace et du temps absolus. La remarque de Henri Poincaré que la transformation inverse de celle de Lorentz était elle-même une transformation de Lorentz allait déjà un peu plus loin. Il était pourtant réservé à Einstein de formuler, en 1905, le principe fondamental de la relativité, selon lequel n'importe quelle loi de la physique doit être invariante sous une transformation de Lorentz.
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