3. Les potentiels évoqués d'origine sensorielle et leur utilité dans la détermination des localisations corticales
Il est impossible chez l'animal d'identifier la localisation corticale des différentes sensations autrement que par des méthodes objectives. Celles-ci peuvent être fondées sur la réalisation de conditionnements dont on étudiera les modifications éventuelles sous l'effet de lésions convenablement situées et contrôlées. Cependant, le plus souvent, on recherche les phénomènes bioélectriques locaux enregistrables sur le cortex lorsqu'une voie afférente sensitive ou sensorielle est sollicitée par son stimulus spécifique (lumière, son, stimulus mécanique), ou par une excitation électrique. L'importance et la généralité de cette méthode d'étude de l'activité corticale provoquée sont telles qu'elles méritent une description quelque peu détaillée.
• Morphologie et origine des potentiels évoqués
L'ensemble des cellules nerveuses corticales présente, chez le vivant, une activité fonctionnelle spontanée qui se traduit par des fluctuations de potentiels électriques, enregistrables par des électrodes disposées soit à la surface du cortex (électrocorticogramme), soit même à la surface du cuir chevelu (électro-encéphalogramme).
Si l'on stimule les terminaisons ou organes sensoriels, on peut alors recueillir par une macroélectrode (c'est-à-dire une électrode dont la surface de contact avec le cortex est de l'ordre d'un millimètre carré) convenablement placée, un phénomène bioélectrique complexe dénommé potentiel évoqué. Celui-ci se présente comme un ensemble de déflexions de signes variés : après une période de latence proportionnelle au temps mis par les influx nerveux à parcourir les voies reliant les récepteurs stimulés au cortex et, dans une moindre mesure, à l'intensité du stimulus, on observe l'apparition d'une déflexion positive (fig. 6) durant 10 à 20 millisecondes, suivie d'une phase négative plus longue, généralement moins ample, beaucoup plus variable dans sa forme, son v […]
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