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VILLA-LOBOS HEITOR (1887-1959)

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2.  Affirmation du style et nationalisme

L'année 1917 est décisive. Une forme de beauté primitive naît sous les tropiques, avec Amazonas et Uirapuru, partitions de ballet fondées sur des légendes amazoniennes. Le style symphonique de Villa-Lobos s'y trouve défini : un genre de poème symphonique ramassé, de forme kaléidoscopique, éclatant de puissance, débordant de vie rythmique et de virtuosité instrumentale. Ses TroisièmeQuatrième et Cinquième Symphonies sont marquées par la Première Guerre mondiale, qui l'affecte profondément, comme nombre de ses compatriotes si liés affectivement à la France.

En 1922 se tient la semaine d'art de São Paulo. En butte aux quolibets du public, les modernistes proclament leur droit à l'existence, contre le conservatisme et les influences venues d'Europe. Villa-Lobos, qui y est raillé, a des ennemis attitrés parmi les attardés opposés à tout « folklorisme », situation qui contraste avec l'opinion d'Arthur Rubinstein, ami de la première heure : « Il faudrait être sourd pour ne pas sentir la profondeur de cette musique [...]. J'étais complètement sous le charme. » C'est à Rio de Janeiro que le célèbre pianiste crée la première suite de La Famille du bébé, qui lui est dédiée.

Villa-Lobos s'installe à Paris de 1923 à 1930 pour faire jouer ses œuvres en France. Leopold Stokowski, Stravinski, Varèse, Picasso, Léger, Aline van Barentzen l'entourent de leur amitié, ainsi que Paul Le Flem, Florent Schmitt et René Dumesnil, qui contribuent, par leurs critiques favorables, à lui assurer une place dans le monde musical.

D'étonnantes créations d'art « sauvage » résonnent dans les salles de concert françaises, reflétant la phase d'exaltation nationaliste de leur auteur : les deux suites de La Famille du bébé et le Rudepoema, pour piano, les Trois Poèmes indiens, le Noneto, quintessence de musique brésilienne dans une harmonie très libre, et la série des Chôros, extraordinairement variés de formes et de dispositifs instrumentaux. « Le vrai grand souffle a passé... », écrit Florent Schmitt après l'audition du Chôros no 8, une des pages les plus audacieuses de son auteur, où le principe du kaléidoscope sonore est appliqué à l'âme de la danse, dans un déploiement d'énergie sans précédent.

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