Après être passé par les écoles de cadets de Karlsruhe et de Berlin-Lichterfelde, Heinz Guderian est nommé aspirant au 10e bataillon de chasseurs de Hanovre, en garnison à Bitche et commandé par son père. Il entre à l'école de guerre de Metz d'où il sort en 1908 avec le grade de sous-lieutenant. La Première Guerre mondiale le voit tour à tour dans les unités combattantes et les états-majors. Après l'armistice, il se spécialise dans l'étude d'une tactique appropriée à l'arme nouvelle, le char d'assaut.
Chef d'état-major de l'inspection des unités automobiles au ministère de la Reichswehr, Guderian est promu colonel en 1933, puis devient chef d'état-major du commandement des unités blindées l'année suivante. Grâce à Hitler, il peut donner corps à des doctrines assez semblables à celle que professe en France le colonel Charles de Gaulle. Il rénove l'art militaire en développant toutes les possibilités offertes à la guerre moderne par l'emploi du « moteur et de la cuirasse ».
Général de corps d'armée des unités blindées, Guderian commande le 19e corps d'armée en août 1939. A la tête de celui-ci, il joue un rôle décisif dans l'anéantissement de la Pologne. En mai 1940, face à Sedan, il prend l'initiative d'exploiter la percée initiale en lançant fougueusement ses colonnes sur les arrières des armées françaises et anglaises. Après avoir atteint Dunkerque à la tête d'une partie de ses Panzer, il rejoint l'autre partie qui était arrivée à la frontière suisse. Ces exploits lui permettent d'être promu général d'armée le 19 juillet 1940.
Puis Guderian participe, au commandement de la 11e Panzerarmee, à l'invasion de l'U.R.S.S. : il est le premier à franchir la Berezina et s'empare de Smolensk. Il n'en est pas moins disgracié par Hitler en décembre 1941, après l'échec devant Moscou, en raison des avertissements sévères qu'il a osé donner au Führer.
Gravement malade durant l'année 1942, Guderian est nommé inspecteur général des unités blindées le 1er mars 1943 ; puis, le 21 juillet 1944, il est chargé d'autre part d'assumer les fonctions de chef d'état-major général des forces terrestres, succédant à Zeitzler. Il incite vainement Hitler à effectuer les replis stratégiques qui auraient pu rétablir le front allemand. Il sera une dernière fois limogé le 28 mars 1945.
Fait prisonnier par les Américains, dans le Tyrol, le 10 mai 1945, Guderian restera détenu quelque temps dans un camp d'officiers avant d'être libéré. Grand théoricien et stratège des blindés, il était demeuré fidèle à la tradition militaire allemande et fut peut-être, de tous les généraux allemands, le seul à pouvoir se permettre d'avoir son franc-parler avec l'irascible Führer Adolf Hitler.
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