Le principal ouvrage de Heinrich von Veldeke, originaire du Limbourg (sud des Pays-Bas et nord-est de la Belgique), est l'Énéide (Eneit) considéré par Wolfram d'Eschenbach et Gottfried de Strasbourg comme un modèle sur le plan formel (la rime s'y affirmait et remplaçait l'assonance utilisée jusqu'alors). Inspirée directement du Roman d'Énéas, elle atteste l'influence française prépondérante chez Veldeke. L'Eneit, plus qu'une épopée, se révèle un roman courtois, et l'auteur a certainement contribué à introduire dans le domaine germanique les modes français de courtoisie. Ses poésies lyriques le confirment d'ailleurs. On lui doit aussi une légende religieuse, Servatius, consacrée au saint patron de Maastricht. Considéré comme le plus ancien poète flamand connu, il est le témoin de la civilisation qui florissait alors en Flandre et le trait d'union entre la littérature française et la littérature allemande.
Universalis
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