2. Une œuvre considérable
Au cours de sa longue existence, Heinrich Schütz n'a cessé de composer, comme il ressort de la chronologie sommaire de ses œuvres. En 1989, 494 numéros d'opus nous étaient parvenus (la dernière restitution remonte à 1985, année du quatrième centenaire de sa naissance). Il a abordé de nombreux genres ; la musique profane est représentée par ses madrigaux italiens et l'opéra Dafne (seul le livret est conservé, sans la musique). Dans le cadre de la musique religieuse – mis à part le Beckersche Psalter, opus 5, en style note contre note favorisant l'intelligibilité du texte, indispensable pour la musique fonctionnelle destinée au culte –, Sagittarius a exploité des formes très variées. Les psaumes à huit voix pour double chœur sont marqués par l'influence italienne. Le thème de la Passion, de la mort et de la résurrection du Christ est abordé dans son Auferstehungshistorie, dans Die sieben Worte et les trois Passions selon saint Luc, saint Matthieu et saint Jean. Schütz privilégie les sources bibliques pour ses textes allemands ou latins, qu'il traite en forme de motets dans sa Geistliche Chormusik, en forme de petits concerts spirituels dans ses Kleine geistliche Konzerte, qui sont des joyaux du genre malgré les moyens limités par la guerre, ou de Symphoniae sacrae, et dans ses Geistliche Gesänge. Ses attaches luthériennes sont aussi confirmées dans ses Musikalische Exequien.
Son œuvre apparaît comme une synthèse entre le xvie et le xviie siècle, et le qualifie incontestablement de « chantre inspiré » ou, selon Friedrich Blume, d'« aristocrate de l'esprit ».
[…]… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 2 pages…



