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HÉDONISME

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4.  L'ordre de la jouissance et sa lettre

L'hédonisme d'Aristippe, grec mais aussi africain, laisse parler haut, au sein du rationalisme conquérant, les forces dites occultes parce que occultées et rejetées dans l'inconscient, qui portent atteinte à la souveraineté de la raison et rompent avec les orthodoxies qu'elle prétend imposer. La pensée occidentale s'est appliquée à réduire, ou du moins à juguler, ces pulsions aussi décisives qu'irrationnelles. Mais, aujourd'hui plus que jamais, le plaisir et ses pompes font surface et occupent le devant de la scène spéculative ; non sans raison, car l'évolution accélérée des mœurs et l'extrême diversité de celles-ci manifestent en deçà de nos chaînes de raisons un ordre différent (un désordre pour certains), une organisation spécifique des loisirs et plaisirs, et contribuent à mettre largement au centre de nos préoccupations le plaisir, ses exigences, ses avatars, ses impasses, bref son mode de paraître et d'exister. Cela conduit peut-être même à mettre en situation de plaisir nos préoccupations et la pensée dans son exercice. Avait-on oublié que l'esprit pousse des racines profondes dans un terreau existentiel ? Nietzsche, Freud et d'autres le rappellent avec insistance et semblent prendre ainsi la relève de l'hédonisme.

Deux thèses fondamentales caractérisent ce renouveau. On peut considérer d'abord que le plaisir n'est pas le fruit de l'équilibre de l'organisme, mais il en est la cause nécessaire sinon suffisante. Distinct des thèses de Platon, d'Aristote, d'Épicure même, l'hédonisme en appelle alors à une théorie de l'homme saisi en le plaisir, c'est-à-dire à une économie qui ne contrôle ni ne règle les objets de jouissance et les conditions de toute jouissance possible mais qui circonscrit, sans l'investir par la pensée rayonnante, la position de ces objets et détermine leur statut. Aussi le plaisir est-il la propriété pour un lieu du corps d'être le siège d'une différence immédiatement accessible entre plaisir et déplaisir, et de p […]

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ARISTIPPE DE CYRÈNE (~425-~355)

Écrit par :  Pierre HADOT

… *Disciple de Socrate, fondateur de l'école cyrénaïque. Les écrits d'Aristippe de Cyrène sont tous perdus, mais on possède à son sujet de nombreuses anecdotes (« chries ») ou paroles fameuses prononcées dans une situation typique. Diogène Laërce, qui en a conservé beaucoup (Vies, doctrines et sentences des philosophes illustres, II, 65)… Lire la suite
L'ART DE JOUIR, livre de Julien Offray de La Mettrie

Écrit par :  Raoul VANEIGEM

…  sournoise du puritanisme et de la débauche une entreprise conjointe pour « gâter le plaisir ». *Bien qu'il pressente dans la jouissance l'essence même de la vie, il n'échappe pas au paradoxe de l'hédonisme qui, dans son souci de cueillir chaque plaisir comme s'il devait être le dernier, reconnaît la prééminence de la mort et lui fait allégeance… Lire la suite
BIEN, philosophie

Écrit par :  Monique CANTO-SPERBER

Dans le chapitre "Le bien comme plaisir"  : …  l'utilitarisme est ici décisif. Le bonheur dont il est question n'est pas le bonheur de l'individu. *À l'hédonisme psychologique (à savoir que les actions humaines sont accomplies pour la recherche du bonheur), il associe parfois un hédonisme éthique (affirmant que ce que les hommes font ainsi est moralement bon). En même temps, le but de Bentham, n… Lire la suite
BONHEUR

Écrit par :  André COMTE-SPONVILLE

Dans le chapitre "Le bonheur en acte"  : …  sauf le sage, aucune expérience positive ; du plaisir, dirait Épicure, aucune expérience négative. *C'est donc le plaisir, non le bonheur, qui est le bien premier : le bonheur ne serait rien sans le plaisir, quand le plaisir, sans bonheur, est encore quelque chose. « Pour ma part, écrivait Épicure, je ne sais ce qu'est le bien, si l'on écarte les… Lire la suite
CYRÉNAÏQUE ÉCOLE (~Ve-~IVe s.)

Écrit par :  Pierre HADOT

… *Groupe de philosophes qui tire son nom de Cyrène, d'où était originaire son fondateur, Aristippe, disciple de Socrate. Les principaux successeurs d'Aristippe furent : sa fille Arété (une des rares femmes philosophes de l'Antiquité) ; le fils de celle-ci, Aristippe Metrodidactos (c'est-à-dire le « Disciple de sa mère ») ; Hêgêsias Péisithanatos (« … Lire la suite
ÉPICURE (~341-~270)

Écrit par :  Graziano ARRIGHETTI

Dans le chapitre "Éthique : se libérer de toute crainte"  : …  les conséquences nécessaires et logiques du principe de la fidélité aux sensations, de même *l'éthique épicurienne est tout entière fondée sur le postulat suivant : le plaisir est le bien, la douleur est le mal ; ce sont là les deux affections fondamentales auxquelles toutes les autres se ramènent. Sur le plaisir et la douleur, Épicure donne… Lire la suite
JOUISSANCE

Écrit par :  Raoul VANEIGEM

Dans le chapitre "Transgression du péché"  : …  du mot marquée d'une connotation érotique et les époques ou milieux propices aux diverses formes *d'hédonisme. Ce sens résonne dans le Gaudeamus igitur que propagent, au xiie et au xiiie siècle, les goliards et clercs vagants ou errants, contemporains des mouvements communalistes qui revendiquaient… Lire la suite
LIBRE-ESPRIT MOUVEMENT DU

Écrit par :  Raoul VANEIGEM

Dans le chapitre "Des amauriciens aux ranters"  : …  de Tournai exécuteront, en 1547, Quintin Thierry et ses compagnons, coupables de propager un *hédonisme débarrassé du péché et des contraintes civiles et religieuses. En 1544, la persécution atteint les loïstes, dénoncés par Luther. Eloi Pruystinck est brûlé, mais nombre de ses partisans passent en Angleterre où leur influence se perpétuera… Lire la suite
MOTIVATION

Écrit par :  Gaston RICHARDBaldine SAINT GIRONS

…  le plus largement représenté, dans les traités contemporains sur la motivation, sous la forme de l'*hédonisme, théorie selon laquelle toutes les actions seraient motivées par le plaisir ou l'absence de douleur. Notons cependant l'ambiguïté de cette définition, telle qu'elle avait été ressentie par les Anciens. Faut-il, avec Aristippe de Cyrène (Lire la suite
L'UTILITARISME, livre de John Stuart Mill

Écrit par :  Éric LETONTURIER

Dans le chapitre "Une morale utilitariste et altruiste"  : …  invite à dépasser la définition kantienne de l'obligation morale au nom de son conséquentialisme. *Le chapitre ii affirme que « les actions sont bonnes ou mauvaises dans la mesure où elles tendent à accroître le bonheur, ou à produire le contraire du bonheur ». Mais cet hédonisme, pour ne pas réduire l'homme en quête de plaisir à un… Lire la suite

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Cratère, vase grec, banquet

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