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HÉDONISME

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3.  Grandeur et décadence de l'hédonisme

L'influence de penseurs aussi vigoureux et habiles que Platon et Aristote ne pouvait manquer d'infléchir et de corroder de l'intérieur les thèses du cyrénaïsme primitif. Platon, s'attachant à garantir au plaisir un statut positif, préserve par là même le souverain bien de la contamination des plaisirs qui participent de l'infini et de la douleur ; le détour par le savoir est dès lors essentiel, qui en appelle à une métaphysique et à une anthropologie. Aristote semble faire l'économie de ce détour, mais le caractère indissociable de l'acte et du plaisir qui l'accompagne et le perfectionne fait de la pratique ou recherche de la vérité, et de l'acte de connaître en particulier, l'équivalent de la vertu elle-même, du moins telle que l'entendaient les cyrénaïques. Platon et Aristote ont donc en commun d'effacer ou d'estomper la portée réelle de la thèse d'Aristippe : celui-ci ne vise pas à proposer une morale, mais une sagesse dont l'amoralité constitue le fer de lance dirigé contre la spéculation philosophique et sa prétention à construire rationnellement un idéal de vie. Somme toute, l'hédonisme radical, seul digne de ce nom, suggère que l'amoralité a partie liée avec l'impensable et l'irrationnel, et les discours et le savoir avec le pouvoir et les institutions.

  La lignée cyrénaïque

Aussi les épigones d'Aristippe sont-ils amenés insensiblement soit à adultérer la notion de plaisir en faisant de celle-ci l'objet d'une représentation et d'un savoir pondéré, soit à tirer les conséquences – ce qui est encore spéculer – qu'entraîne le privilège injustifié qui est accordé à cette notion. S'il n'y a rien de vrai que l'impression subjective individuelle, il n'existe pas non plus de conditions objectives de la jouissance ; celle-ci est circonstancielle et le bonheur, somme des plaisirs, ne peut être atteint. Hégésias, vers le iiie siècle avant J.-C., sombre dans une sagesse pessimiste : à l'adhésion franche et massive au plaisir se substitue u […]

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ARISTIPPE DE CYRÈNE (~425-~355)

Écrit par :  Pierre HADOT

… *Disciple de Socrate, fondateur de l'école cyrénaïque. Les écrits d'Aristippe de Cyrène sont tous perdus, mais on possède à son sujet de nombreuses anecdotes (« chries ») ou paroles fameuses prononcées dans une situation typique. Diogène Laërce, qui en a conservé beaucoup (Vies, doctrines et sentences des philosophes illustres, II, 65)… Lire la suite
L'ART DE JOUIR, livre de Julien Offray de La Mettrie

Écrit par :  Raoul VANEIGEM

…  sournoise du puritanisme et de la débauche une entreprise conjointe pour « gâter le plaisir ». *Bien qu'il pressente dans la jouissance l'essence même de la vie, il n'échappe pas au paradoxe de l'hédonisme qui, dans son souci de cueillir chaque plaisir comme s'il devait être le dernier, reconnaît la prééminence de la mort et lui fait allégeance… Lire la suite
BIEN, philosophie

Écrit par :  Monique CANTO-SPERBER

Dans le chapitre "Le bien comme plaisir"  : …  l'utilitarisme est ici décisif. Le bonheur dont il est question n'est pas le bonheur de l'individu. *À l'hédonisme psychologique (à savoir que les actions humaines sont accomplies pour la recherche du bonheur), il associe parfois un hédonisme éthique (affirmant que ce que les hommes font ainsi est moralement bon). En même temps, le but de Bentham, n… Lire la suite
BONHEUR

Écrit par :  André COMTE-SPONVILLE

Dans le chapitre "Le bonheur en acte"  : …  sauf le sage, aucune expérience positive ; du plaisir, dirait Épicure, aucune expérience négative. *C'est donc le plaisir, non le bonheur, qui est le bien premier : le bonheur ne serait rien sans le plaisir, quand le plaisir, sans bonheur, est encore quelque chose. « Pour ma part, écrivait Épicure, je ne sais ce qu'est le bien, si l'on écarte les… Lire la suite
CYRÉNAÏQUE ÉCOLE (~Ve-~IVe s.)

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ÉPICURE (~341-~270)

Écrit par :  Graziano ARRIGHETTI

Dans le chapitre "Éthique : se libérer de toute crainte"  : …  les conséquences nécessaires et logiques du principe de la fidélité aux sensations, de même *l'éthique épicurienne est tout entière fondée sur le postulat suivant : le plaisir est le bien, la douleur est le mal ; ce sont là les deux affections fondamentales auxquelles toutes les autres se ramènent. Sur le plaisir et la douleur, Épicure donne… Lire la suite
JOUISSANCE

Écrit par :  Raoul VANEIGEM

Dans le chapitre "Transgression du péché"  : …  du mot marquée d'une connotation érotique et les époques ou milieux propices aux diverses formes *d'hédonisme. Ce sens résonne dans le Gaudeamus igitur que propagent, au xiie et au xiiie siècle, les goliards et clercs vagants ou errants, contemporains des mouvements communalistes qui revendiquaient… Lire la suite
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Écrit par :  Raoul VANEIGEM

Dans le chapitre "Des amauriciens aux ranters"  : …  de Tournai exécuteront, en 1547, Quintin Thierry et ses compagnons, coupables de propager un *hédonisme débarrassé du péché et des contraintes civiles et religieuses. En 1544, la persécution atteint les loïstes, dénoncés par Luther. Eloi Pruystinck est brûlé, mais nombre de ses partisans passent en Angleterre où leur influence se perpétuera… Lire la suite
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Écrit par :  Gaston RICHARDBaldine SAINT GIRONS

…  le plus largement représenté, dans les traités contemporains sur la motivation, sous la forme de l'*hédonisme, théorie selon laquelle toutes les actions seraient motivées par le plaisir ou l'absence de douleur. Notons cependant l'ambiguïté de cette définition, telle qu'elle avait été ressentie par les Anciens. Faut-il, avec Aristippe de Cyrène (Lire la suite
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Écrit par :  Éric LETONTURIER

Dans le chapitre "Une morale utilitariste et altruiste"  : …  invite à dépasser la définition kantienne de l'obligation morale au nom de son conséquentialisme. *Le chapitre ii affirme que « les actions sont bonnes ou mauvaises dans la mesure où elles tendent à accroître le bonheur, ou à produire le contraire du bonheur ». Mais cet hédonisme, pour ne pas réduire l'homme en quête de plaisir à un… Lire la suite

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Cratère, vase grec, banquet

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