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HÉDONISME

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2.  La pratique du plaisir comme ascèse

L'hédonisme vise à la sagesse qui est maîtrise, et d'abord maîtrise de soi. À la différence d'Aristippe, Platon instaure un détour essentiel où la sagesse est à la fois recherche du bien et du vrai qui, s'ils sont coextensifs au cœur de l'Être, ne le sont plus lorsque leur mode d'apparaître est lié au devenir. Platon organise une chasse prudente et difficile à laquelle les cyrénaïques préfèrent la prise. Aristippe, au sujet de ses rapports avec la belle Laïs, tient à préciser : « Je possède, je ne suis pas possédé. » Le bon sens et les philosophes n'en croient rien, qui dénoncent là une conduite scandaleuse, une prétention fallacieuse et ridicule. Mais l'opinion commune et l'orthodoxie philosophique s'identifient par faiblesse et par peur à la belle Laïs en proie à elle-même, et elles sont idolâtres du vrai, du juste, du beau... La jouissance ne saurait être justifiée, puisqu'elle enveloppe tout l'homme pareil à une ville assiégée, puisqu'elle est la condition même pour celui-ci de s'affranchir et de se libérer sans abstraire ni diviser, sans arbitraire, ni conventions, ni préjugés. Aussi, les plaisirs de l'âme et les plaisirs du corps sont logés à la même enseigne : signes de la richesse de la nature et expression d'un optimisme fondamental ; car les uns et les autres sont, pour l'homme, pure présence à soi en tant qu'il est nature. Les objets de plaisir sont indiscernables en droit et indifférents en fait ; ils ne déterminent donc pas des plaisirs spécifiquement différents. Autrement dit, l'écart qu'instituerait la relation désirante est contracté au bénéfice d'une fusion où sujet et objet rythment leur accord au gré d'un devenir égal à lui-même. Si cet accord paraît délicat à réaliser et problématique comme l'est une dialectique sans fin où l'homme est maître abusé et esclave pervers, c'est parce que l'homme s'inscrit en faux dans l'élément naturel, introduisant dans l'état de nature des contraintes culturelles aussi subtiles qu […]

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ARISTIPPE DE CYRÈNE (~425-~355)

Écrit par :  Pierre HADOT

… *Disciple de Socrate, fondateur de l'école cyrénaïque. Les écrits d'Aristippe de Cyrène sont tous perdus, mais on possède à son sujet de nombreuses anecdotes (« chries ») ou paroles fameuses prononcées dans une situation typique. Diogène Laërce, qui en a conservé beaucoup (Vies, doctrines et sentences des philosophes illustres, II, 65)… Lire la suite
L'ART DE JOUIR, livre de Julien Offray de La Mettrie

Écrit par :  Raoul VANEIGEM

…  sournoise du puritanisme et de la débauche une entreprise conjointe pour « gâter le plaisir ». *Bien qu'il pressente dans la jouissance l'essence même de la vie, il n'échappe pas au paradoxe de l'hédonisme qui, dans son souci de cueillir chaque plaisir comme s'il devait être le dernier, reconnaît la prééminence de la mort et lui fait allégeance… Lire la suite
BIEN, philosophie

Écrit par :  Monique CANTO-SPERBER

Dans le chapitre "Le bien comme plaisir"  : …  l'utilitarisme est ici décisif. Le bonheur dont il est question n'est pas le bonheur de l'individu. *À l'hédonisme psychologique (à savoir que les actions humaines sont accomplies pour la recherche du bonheur), il associe parfois un hédonisme éthique (affirmant que ce que les hommes font ainsi est moralement bon). En même temps, le but de Bentham, n… Lire la suite
BONHEUR

Écrit par :  André COMTE-SPONVILLE

Dans le chapitre "Le bonheur en acte"  : …  sauf le sage, aucune expérience positive ; du plaisir, dirait Épicure, aucune expérience négative. *C'est donc le plaisir, non le bonheur, qui est le bien premier : le bonheur ne serait rien sans le plaisir, quand le plaisir, sans bonheur, est encore quelque chose. « Pour ma part, écrivait Épicure, je ne sais ce qu'est le bien, si l'on écarte les… Lire la suite
CYRÉNAÏQUE ÉCOLE (~Ve-~IVe s.)

Écrit par :  Pierre HADOT

… *Groupe de philosophes qui tire son nom de Cyrène, d'où était originaire son fondateur, Aristippe, disciple de Socrate. Les principaux successeurs d'Aristippe furent : sa fille Arété (une des rares femmes philosophes de l'Antiquité) ; le fils de celle-ci, Aristippe Metrodidactos (c'est-à-dire le « Disciple de sa mère ») ; Hêgêsias Péisithanatos (« … Lire la suite
ÉPICURE (~341-~270)

Écrit par :  Graziano ARRIGHETTI

Dans le chapitre "Éthique : se libérer de toute crainte"  : …  les conséquences nécessaires et logiques du principe de la fidélité aux sensations, de même *l'éthique épicurienne est tout entière fondée sur le postulat suivant : le plaisir est le bien, la douleur est le mal ; ce sont là les deux affections fondamentales auxquelles toutes les autres se ramènent. Sur le plaisir et la douleur, Épicure donne… Lire la suite
JOUISSANCE

Écrit par :  Raoul VANEIGEM

Dans le chapitre "Transgression du péché"  : …  du mot marquée d'une connotation érotique et les époques ou milieux propices aux diverses formes *d'hédonisme. Ce sens résonne dans le Gaudeamus igitur que propagent, au xiie et au xiiie siècle, les goliards et clercs vagants ou errants, contemporains des mouvements communalistes qui revendiquaient… Lire la suite
LIBRE-ESPRIT MOUVEMENT DU

Écrit par :  Raoul VANEIGEM

Dans le chapitre "Des amauriciens aux ranters"  : …  de Tournai exécuteront, en 1547, Quintin Thierry et ses compagnons, coupables de propager un *hédonisme débarrassé du péché et des contraintes civiles et religieuses. En 1544, la persécution atteint les loïstes, dénoncés par Luther. Eloi Pruystinck est brûlé, mais nombre de ses partisans passent en Angleterre où leur influence se perpétuera… Lire la suite
MOTIVATION

Écrit par :  Gaston RICHARDBaldine SAINT GIRONS

…  le plus largement représenté, dans les traités contemporains sur la motivation, sous la forme de l'*hédonisme, théorie selon laquelle toutes les actions seraient motivées par le plaisir ou l'absence de douleur. Notons cependant l'ambiguïté de cette définition, telle qu'elle avait été ressentie par les Anciens. Faut-il, avec Aristippe de Cyrène (Lire la suite
L'UTILITARISME, livre de John Stuart Mill

Écrit par :  Éric LETONTURIER

Dans le chapitre "Une morale utilitariste et altruiste"  : …  invite à dépasser la définition kantienne de l'obligation morale au nom de son conséquentialisme. *Le chapitre ii affirme que « les actions sont bonnes ou mauvaises dans la mesure où elles tendent à accroître le bonheur, ou à produire le contraire du bonheur ». Mais cet hédonisme, pour ne pas réduire l'homme en quête de plaisir à un… Lire la suite

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Cratère, vase grec, banquet

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