En musique vocale, la haute-contre est la voix masculine dont la tessiture est plus aiguë que celle de ténor. Il ne s'agit en aucun cas d'une voix de castrat, ni d'une voix de fausset. Il arrive souvent que la voix de femme appelée contralto chante la partie de haute-contre. Jean-Jacques Rousseau dans son Dictionnaire de musique estime que la « haute-contre en voix d'homme n'est point naturelle » et qu'« il faut la forcer pour la porter à ce diapason », que, « quoi qu'on fasse, elle a toujours de l'aigreur, et rarement de la justesse ». Une telle opinion est assurément exagérée. Après avoir disparu au xixe siècle, cette voix retrouva sa place grâce à Alfred Deller
(1912-1979) et à son Deller Consort, puis à ses émules (son fils Mark Deller, James Bowman, René Jacobs, Gérard Lesne...). Au xxe siècle, de nombreux compositeurs écrivirent pour elle, au premier rang desquels Benjamin Britten. On emploie aussi pour désigner cette voix le vocable anglais countertenor (contre-ténor), qui dérive du latin contratenor altus. Aux xvie et xviie siècles, cette tessiture eut beaucoup de succès en Angleterre et elle est la principale voix d'homme dans l'opéra français de Lully à Rameau.
Photographie
Alfred Deller Le contre-ténor Alfred Deller (1912-1979) interprétant le personnage d'Oberon lors de la création de l'opéra de Benjamin Britten A Midsummer Night's Dream (Le Songe d'une nuit d'été), au festival d'Aldeburgh, le 11 juin 1960. Ce rôle d'Oberon a été écrit par Britten à l'intention même d'Alfred Deller, qui n'avait alors pourtant jamais joué sur scène.…
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Pierre-Paul LACAS
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