Le sultan ayyubide Saladin, maître de l'Égypte et du sud de la Syrie, a appelé au djihad (guerre sainte) pour éliminer les États latins issus de la première croisade. Encouragé par les Byzantins, appuyé par la plupart des autres princes musulmans de la région et fort du soutien du calife abbasside de Bagdad, il déclenche son offensive à l'été de 1187, en assiégeant Tibériade. L'armée chrétienne, commandée par le très contesté roi de Jérusalem Guy de Lusignan, tente de dégager la ville et s'avance à travers une zone particulièrement sèche en cette saison. L'armée est très affaiblie par les hésitations du roi, par la fuite du comte de Tripoli, Raymond III, et de ses partisans, et par le manque d'eau. Le 4 juillet, le roi et ses derniers fidèles sont pris, ainsi que la relique « de la Vraie Croix », qui disparaît à cette occasion. Saladin fait exécuter les moines-soldats templiers et hospitaliers, et abat de sa main Renaud de Châtillon, seigneur de l'Outre-Jourdain, symbole aux yeux des musulmans de la résistance chrétienne. La victoire de Hattin ouvre les territoires latins à Saladin, qui s'empare de la plupart des forteresses et des villes (dont Jérusalem). Seules résistent Tyr, Tripoli, Tortose, le Krak des chevaliers et Antioche. La défaite chrétienne connaît un grand retentissement en Occident et est à l'origine de la troisième croisade (1189-1192).
Vincent GOURDON
Retour en haut



