Accueil - Boutique - Contact - Assistance
Zone de recherche

Altas Auteurs Recherche thématique Dictionnaire
 

HASARD & NÉCESSITÉ

Page précédente Page suivante

2.   Retour aux origines

« Je ne forge pas d'hypothèses », a répondu Newton à ceux qui lui demandaient comment une force pouvait agir à distance. Cette phrase n'annonce pas vraiment la conception d'une science purement positive, mais elle exprime plutôt le constat que le monde, au sens de Newton, ne constitue pas un système déterministe, régi par des lois. Pour lui, il est possible de mesurer les effets observables des forces, mais ces dernières expriment l'intervention actuelle de Dieu dans le monde et sont soumises non à une quelconque raison accessible à l'intelligence humaine, mais à sa volonté d'auteur.

Dès l'origine de la physique moderne, deux conceptions de la nécessité se sont heurtées, c'est-à-dire deux conceptions de ce que peuvent la raison humaine et la mathématisation des phénomènes observables. Elles sont encore présentes dans la physique d'aujourd'hui. En termes contemporains, pour Newton, les mathématiques peuvent seulement viser à simuler les phénomènes, ou, en termes traditionnels, à les « sauver », à en reconstituer une description exacte mais non à en découvrir les raisons, qui renvoient à la seule nécessité des volontés divines. Pour Leibniz, au contraire, la volonté divine, si elle ne doit pas être celle d'un être despotique, et donc imparfait, se conforme au principe de raison : rien n'arrive sans qu'il y ait une raison suffisante pour laquelle ce soit ainsi plutôt qu'autrement.

L'existence de ce monde, parmi tous les mondes possibles, renvoie à Dieu, mais ce qui y arrive est soumis à une nécessité immanente que la mécanique galiléenne a pu expliciter lorsqu'elle a soumis la description de la chute des corps au principe de causalité.

Dans ce cas, en effet, les phénomènes se sont laissé décrire, comprendre et mesurer à partir du principe d'égalité entre la cause pleine et l'effet entier. Ce qui signifie, corrélativement, que le principe de causalité, mis en œuvre par Galilée (Michel Serres dir., 1989) et explicité par Huygens (qui a montré que 1'« effet » d'une chute sur une dénivellation donnée était mesurée par le carré de la vitesse acquise lors de cette chute) est la garantie que la de […]

… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 14 pages… Offre essai 7 jours

Thématique

Classification thématique de cet article :

Retour en haut

Accueil - Contact - À propos
Consulter les articles d'Encyclopædia Universalis : 0-9 A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z
Consulter les articles d'Encyclopædia Britannica.
© 2012, Encyclopædia Universalis France S.A. Tous droits de propriété industrielle et intellectuelle réservés.

chargement du média