Premier ministre conservateur de la Grande-Bretagne, de 1957 à 1963. D'origine bourgeoise, apparenté à la haute aristocratie par son mariage, Harold MacMillan a représenté, dans les années trente, un courant réformateur au sein de son parti : il s'est alors fait l'avocat d'interventions étatiques plus poussées dans la vie économique et s'est signalé par son opposition aux accords de Munich. Sa véritable carrière gouvernementale commence avec le retour au pouvoir des conservateurs en 1951. Il établit alors sa réputation d'intelligence et d'efficacité par le succès de sa politique du logement. Dans le gouvernement Eden, il occupa successivement les Affaires étrangères et l'Échiquier. Il appartient au cercle étroit qui, dans l'establishment conservateur, participe aux grandes décisions ; ouvert à un conservatisme moderne qu'il a défendu dès 1946, il n'est pourtant pas suspect de nourrir des idées trop avancées. La démission d'Anthony Eden en 1957 fait de lui le candidat de la direction du parti au poste de Premier ministre. À ce poste, il sait exploiter avec habileté la conjoncture économique et, au prix de risques monétaires sérieux, accélère la croissance ; il peut proclamer en 1 […]
